Urgence sanitaire à Ghaza: L’UNRWA alerte sur une explosion des maladies

Dans un avertissement solennel publié sur les réseaux sociaux ce mardi, Philippe Lazzarini, Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), a tiré la sonnette d’alarme sur une catastrophe humanitaire et sanitaire d’une ampleur sans précédent dans la bande de Ghaza.
Il a dénoncé des «niveaux records» de propagation des maladies, une situation catastrophique directement aggravée par les ravages d’une agression militaire prolongée et des conditions climatiques hivernales extrêmes. Alors que le conflit entre dans une troisième année, ses conséquences sur la santé des plus vulnérables, en particulier les enfants, sont dévastatrices. M. Lazzarini a souligné qu’en raison de la guerre, des générations d’enfants n’ont pas pu recevoir à plusieurs reprises les vaccins essentiels qui les protègent contre des maladies pourtant évitables.
Cette rupture dramatique de la couverture vaccinale crée un terrain extrêmement fertile pour des épidémies aux conséquences potentiellement fatales. Cette crise sanitaire est exponentiellement aggravée par une triple peine environnementale. L’arrivée de l’hiver a apporté avec lui le froid glacial, des précipitations torrentielles et des inondations dévastatrices, frappant de plein fouet une population
déjà exsangue. Des familles entières, contraintes de survivre dans des abris de fortune surpeuplés, sont ainsi exposées aux éléments sans aucune protection adéquate.
Cependant, comme l’a précisé le chef de l’UNRWA, le climat n’est qu’un facteur aggravant d’une situation déjà effondrée.
La racine du mal réside dans l’effondrement systémique des infrastructures vitales sous les bombardements et le blocus. La pénurie criante d’eau potable et l’absence totale de système d’assainissement dans les camps de déplacés transforment les abris en foyers de contagion. Cette crise, couplée à l’effondrement quasi-total du système de santé – hôpitaux détruits, personnel médical épuisé, pénurie absolue de médicaments – a créé une tempête parfaite où les maladies se propagent à une vitesse alarmante.
Face à cette urgence absolue, l’UNRWA, en première ligne humanitaire, refuse de baisser les bras. En étroite collaboration avec l’UNICEF, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et des partenaires locaux, l’agence onusienne a lancé dimanche dernier la deuxième phase d’une campagne de vaccination cruciale.
Cette opération vise spécifiquement les enfants de moins de trois ans, la tranche d’âge la plus exposée aux risques mortels de la rougeole, de la polio ou des infections respiratoires aiguës. «L’UNRWA œuvre sans relâche pour sauver des vies à Ghaza», a réaffirmé Philippe Lazzarini, soulignant que chaque vaccination administrée dans ces conditions chaotiques est une victoire. Cette campagne représente un acte de résistance humanitaire face à l’anéantissement, une lueur d’espoir pour tenter d’endiguer l’hémorragie sanitaire. Toutefois, l’agence rappelle que ces actions vitales restent insuffisantes sans un accès humanitaire durable, complet et sans entrave à l’ensemble du territoire, et sans une cessation des hostilités pour permettre la reconstruction des services de base. La communauté internationale est une nouvelle fois appelée à agir devant cette crise qui dépasse l’entendement.
Malik M.