L’ambassadeur d’Algérie et représentant permanent auprès de l’Union africaine, Mohamed Khaled, a présidé, en sa qualité de président du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour le mois d’août, une réunion consultative annuelle entre le Conseil de paix et de sécurité et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
La réunion était consacrée au thème «Les efforts conjoints pour faire des droits de l’homme un levier de paix», avec pour objectif de renforcer une approche fondée sur les droits humains dans la prévention et le règlement des conflits, ainsi que dans la construction d’une paix durable sur le continent africain.
Dans son discours d’ouverture, Mohamed Khaled a souligné que le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales constitue un pilier de la paix, de la sécurité et de la stabilité durable en Afrique.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre le Conseil de paix et de sécurité et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, et de traduire leurs engagements communs en actions concrètes.
L’ambassadeur a également mis en avant le rôle essentiel des organisations non gouvernementales dans l’alerte précoce, la prévention des conflits, la médiation et la consolidation de la paix.
Il a toutefois appelé ces organisations à préserver leur crédibilité et à éviter toute instrumentalisation au service d’agendas politiques ou d’intérêts particuliers. Il a aussi proposé la mise en place d’une réunion biennale entre le Conseil de paix et de sécurité et l’ensemble des commissions et organes de l’Union africaine chargés des droits de l’homme, de la gouvernance et de la démocratie.
Cette initiative vise à renforcer la coordination et à harmoniser les efforts afin d’améliorer l’efficacité de l’action africaine et d’obtenir des résultats concrets.
De son côté, le président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, Idrissa Sow, a présenté le rôle de la Commission dans le renforcement du lien entre droits de l’homme, paix et sécurité.
Il a évoqué plusieurs mécanismes et initiatives portant notamment sur la justice transitionnelle, l’agenda «femmes, paix et sécurité», la protection des personnes déplacées de force, la prévention de la torture, la protection du droit à la vie et la défense des défenseurs des droits humains.
Il a également souligné l’importance de développer un mécanisme d’alerte précoce dans le domaine des droits de l’homme, afin de renforcer les capacités de prévention et de réaction rapide.
Il a appelé à placer les droits humains au cœur des priorités de l’action africaine et à renforcer la coopération avec le Conseil de paix et de sécurité, notamment à travers l’organisation de missions conjointes dans les zones de conflit.
Pour sa part, le commissaire de l’Union africaine aux Affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, a insisté sur la nécessité de renforcer la complémentarité entre les mécanismes de l’Union africaine dans les domaines des droits humains, de la paix et de la sécurité.
Il a également appelé au développement de mécanismes efficaces d’alerte précoce et de prévention des conflits, ainsi qu’à une meilleure réponse aux violations susceptibles de menacer la stabilité des États et des sociétés africaines.
Les participants ont estimé que le respect des droits de l’homme ne devait pas être considéré comme un objectif distinct de la paix et de la sécurité, mais comme un outil essentiel de prévention des conflits, de traitement de leurs causes profondes, de promotion de la réconciliation et de construction d’une paix durable. Parmi les recommandations formulées figure l’adoption d’une approche commune visant à renforcer la coordination entre les mécanismes africains chargés des droits de l’homme, de la gouvernance, de la paix et de la sécurité.
Les participants ont également insisté sur le respect des principes fondamentaux de l’Acte constitutif de l’Union africaine et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Ils ont enfin souligné la nécessité de mettre en place des mécanismes clairs de suivi, de partage d’informations et de coordination des initiatives et des missions, afin de passer des décisions et des engagements à des actions concrètes. Ces mesures doivent contribuer à prévenir les conflits, protéger les civils, renforcer la justice transitionnelle, la responsabilité et l’État de droit, et faire des droits de l’homme un véritable levier de paix et de stabilité durable en Afrique.
Malik M.
Union africaine: L’Algérie plaide pour les droits humains
