jusqu’à 100 millions de centimes de moins: Vers une baisse spectaculaire des prix des voitures

C’est la nouvelle que des milliers de futurs acheteurs attendaient depuis des mois, scrutant chaque indicateur avec l’espoir de voir enfin les prix des voitures redevenir accessibles.
Selon plusieurs indices qui circulent depuis quelques semaines, le marché automobile algérien s’apprête à connaître un recul notable de ses prix, porté par une conjonction de facteurs venus de loin, la baisse des tarifs des véhicules sur le marché chinois et l’allègement des coûts du transport maritime international.
Sur les réseaux sociaux et les plateformes spécialisées, les estimations les plus optimistes évoquent des baisses pouvant atteindre près de 100 millions de centimes sur certains modèles de quoi faire rêver plus d’un futur acquéreur. Mais faut-il vraiment attribuer ce mouvement de baisse au seul repli du fret maritime ? Pas si simple, répond le consultant international en développement économique Abderrahmane Hadef, sollicité par le quotidien El Khabar.
Pour lui, réduire l’explication à la seule facture de transport reviendrait à passer à côté de l’essentiel : c’est avant tout la stratégie commerciale déployée par Pékin ces dernières années qui pèse dans la balance, dans un contexte de mutations profondes de l’économie mondiale et de concurrence commerciale exacerbée, notamment avec les États-Unis.
Le coût du transport des marchandises en provenance de Chine ne représenterait aujourd’hui, dans bien des cas, qu’une part limitée du prix final d’un produit, parfois à peine 10%, précise l’expert.
Le véritable moteur de la compétitivité chinoise se trouverait ailleurs : dans une politique économique et commerciale résolument tournée vers la conquête des marchés extérieurs, Pékin cherchant à préserver son rang commercial et à consolider sa part dans les échanges mondiaux, les exportations constituant l’un des piliers de son modèle de croissance.
L’industrie automobile chinoise illustre à elle seule l’ampleur de cette transformation.
D’un pays longtemps dépendant de l’importation de véhicules et du savoir-faire des grands constructeurs mondiaux, la Chine est devenue, en l’espace de quelques années à peine, un concurrent direct des plus grands noms de l’automobile internationale, portée par des avancées technologiques et industrielles considérables et par sa capacité à proposer des véhicules à des prix particulièrement compétitifs.
Une ambition qui, selon Hadef, ne se limite plus à une présence ponctuelle sur les marchés étrangers : elle vise désormais un ancrage durable et pérenne à l’échelle internationale. Et l’Algérie, dans tout cela ?
Le marché national dispose, selon le consultant, d’atouts qui en font une cible de choix pour les constructeurs et opérateurs internationaux.
La demande intérieure, estimée entre 150 000 et 400 000 véhicules par an, confère au pays un poids commercial non négligeable une aubaine, en particulier, pour des entreprises chinoises désireuses d’étendre leur activité au-delà de leurs marchés traditionnels.
La décision d’autoriser l’importation de véhicules d’occasion de moins de trois ans a d’ailleurs déjà permis d’offrir un choix supplémentaire au consommateur algérien, même si cette solution reste transitoire, enattendant que les efforts de développement d’une véritable industrie automobile locale, incluant le montage, portent leurs fruits.
L’appétit chinois pour le marché algérien ne relèverait pas non plus d’un simple calcul commercial à court terme : les opérateurs chinois multiplient les offres compétitives pour s’implanter durablement dans le pays, un signal, selon Hadef, d’une stratégie pensée sur le long terme.
Il faut y voir, insiste-t-il, bien plus qu’une volonté de simplement écouler des véhicules sur le marché national : l’Algérie s’inscrit dans une vision plus large, celle de bâtir une base durable sur le continent africain, un rôle que sa position géographique, son potentiel économique et sa capacité à servir de porte d’entrée vers les marchés africains rendent particulièrement crédible aux yeux de Pékin. Quant à l’importation de véhicules de moins de trois ans, elle pourrait, selon l’expert, contribuer à absorber une partie de la demande locale à court terme, face à une offre nationale encore limitée. Un ballon d’oxygène bienvenu pour les automobilistes, mais dont les effets sur les grands équilibres macroéconomiques méritent d’être suivis de près : une hausse trop marquée des importations pourrait alourdir la facture correspondante et peser, au moins temporairement, sur la balance commerciale du pays.
Anais G.