L’Assemblée générale des Nations unies a envoyé un message puissant et clair lundi dernier, en adoptant à une écrasante majorité une résolution fondamentale qui réaffirme les droits inaliénables du peuple palestinien, au cœur desquels se trouve la souveraineté sur ses richesses naturelles.
Par un vote soutenu de 156 pays, la communauté internationale a plébiscité le texte intitulé
«Souveraineté permanente du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien occupé sur leurs ressources naturelles».
Ce vote constitue un soutien politique et juridique massif, intervenant dans un contexte où la bande de Ghaza, déjà soumise à un siège paralysant, subit une destruction systématique de son environnement et de ses capacités de subsistance.
La résolution consolide un socle juridique essentiel. Elle rappelle avec force l’applicabilité de la Quatrième Convention de Genève, qui protège les civils en temps de guerre, à l’ensemble du territoire palestinien occupé.
Elle s’ancre également dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, faisant des ressources naturelles une question centrale de dignité et de droits humains.
Le texte se renforce en se référant expressément à l’avis consultatif historique de la Cour Internationale de Justice (CIJ) du 19 juillet 2024. La Cour y a établi les conséquences juridiques des politiques israéliennes dans les territoires occupés et a statué sur l’illégalité de la présence continue de l’occupation.
Ce lien direct confère à la résolution un poids juridique considérable, transformant un principe politique en une norme renforcée par la plus haute instance judiciaire mondiale. L’avis sur la construction du mur, déjà jugé illégal, est également rappelé. Concrètement, la résolution accomplit trois actions cruciales pour Ghaza et l’ensemble de la Palestine : – Elle affirme les droits inaliénables du peuple palestinien sur ses ressources en eau, terres agricoles, gaz offshore et autres richesses naturelles.
- Elle appelle explicitement Israël à cesser l’exploitation, le pillage et la dégradation de ces ressources, qui privent les Palestiniens, et particulièrement les Gazaouis assiégés, des moyens de reconstruire leur économie et d’assurer leur sécurité alimentaire
et hydrique. - Elle souligne le droit à compensation pour l’exploitation illégale passée et présente, un point essentiel pour envisager la reconstruction future de Ghaza, dévastée.
La résolution établit un lien clair entre la colonisation, la construction du mur, les restrictions d’accès et la dégradation environnementale qui en résulte en Palestine, une réalité quotidienne qui étouffe Gaza et fragmente la Cisjordanie. À l’issue du vote, l’Ambassadeur Riyad Mansour, Représentant permanent de l’État de Palestine auprès de l’ONU, a exprimé sa profonde gratitude envers les nations qui ont soutenu ce texte. Il a salué la sympathie croissante et la conscience aiguë de la communauté internationale, nourries par le témoignage des souffrances infligées à la population de Ghaza et de Cisjordanie. Il a surtout insisté sur l’impératif qui suit désormais ce vote historique : traduire cette décision en actions concrètes et obliger Israël, la puissance occupante, à se conformer au droit international et à cesser de spolier le peuple palestinien de son patrimoine naturel.
Cette résolution représente ainsi une victoire diplomatique majeure pour la cause palestinienne. Elle replace au centre du débat international la question de la souveraineté économique et environnementale, condition indispensable à toute paix juste et durable, et à la reconstruction d’une Ghaza libre et viable.
Malik M.

