Les faits et les événements s’accumulent, révélant une fuite en avant dangereuse du tandem pyromane formé par Donald Trump et Benyamin Netanyahou.
Le président américain, qui ne cesse de proférer des paroles contradictoires à quelques heures d’intervalle, a une nouvelle fois repoussé son ultimatum adressé à l’Iran, désormais fixé à ce soir mardi, tout en maintenant une rhétorique de plus en plus agressive autour du détroit d’Ormuz. Ces reports successifs en disent long : Washington menace, ajuste, recule, puis menace de nouveau, signe d’une stratégie sous tension, ballottée entre démonstration de force et hésitation.
Sur le terrain, la situation se dégrade à vue d’œil. Un missile iranien a frappé un immeuble résidentiel à Haïfa, en Palestine occupée, causant plusieurs morts et blessés parmi les colons israéliens. Dans le même temps, des frappes israélo-américaines ont visé des infrastructures en Iran, notamment un aéroport dans la province du Khouzestan. Au Liban, les bombardements se rapprochent dangereusement des zones civiles, avec des victimes signalées près de l’hôpital Rafic Hariri à Beyrouth.
Pris dans cet engrenage, le Hezbollah et les forces d’occupation intensifient leurs opérations. Le chef d’état-major israélien promet une montée en puissance militaire dans le sud du Liban, tandis que la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) alerte sur le risque d’un dérapage incontrôlé à proximité de ses positions.
Le danger est clair : à force de frapper au plus près les uns des autres, une simple étincelle suffit désormais pour déclencher une riposte en chaîne.
Parallèlement, le front diplomatique reste verrouillé. Sergueï Lavrov appelle Washington à abandonner «le langage des ultimatums» et plaide pour un retour aux négociations, tandis que Mohammad Bagher Ghalibaf prévient que toute la région pourrait «brûler» si cette escalade se poursuit.
Même les alliés traditionnels des États-Unis commencent à exprimer leurs inquiétudes. Dans les pays du Golfe, certains responsables redoutent que la stratégie iranienne, mais aussi la réponse occidentale — ne conduise paradoxalement à renforcer durablement la présence américaine et l’influence israélienne dans la région. Pendant ce temps, les équilibres énergétiques vacillent. L’OPEP+ augmente sa production pour tenter de stabiliser un marché sous pression, tout en avertissant que les dégâts causés aux infrastructures pourraient peser durablement sur l’approvisionnement mondial. Nous assistons aujourd’hui à un embrasement régional progressif, où chaque acteur avance ses pions dans un climat d’extrême nervosité. Plus les ultimatums se multiplient, plus ils perdent de leur force… mais plus augmente le risque qu’un jour, l’un d’eux soit mis à exécution.
Pendant ce temps, l’Iran avance inexorablement ses pions, consolide ses avantages et confirme sa totale domination régionale. Si Tel-Aviv et Washington avaient cherché à asseoir la domination de Téhéran sur leurs alliés du Conseil de coopération du Golfe (CCG), sans doute ne s’y seraient-ils pas pris autrement.
Médiation pakistanaise : une proposition en deux phases pour mettre fin aux combats
Selon une source informée citée hier lundi par l’agence Reuters, l’Iran et les États-Unis ont reçu un plan visant à mettre fin aux combats, qui pourrait entrer en vigueur dès aujourd’hui et aboutir à la réouverture du détroit d’Ormuz. La même source précise que le Pakistan a élaboré un cadre pour l’arrêt des hostilités, transmis dans la nuit à Téhéran et Washington. Ce cadre repose sur une approche en deux phases : un cessez-le-feu immédiat, suivi d’un accord global.
«Tous les éléments doivent être acceptés aujourd’hui», a déclaré la source, ajoutant que l’entente préliminaire prendra la forme d’un mémorandum d’accord, dont la finalisation se fera par l’intermédiaire du Pakistan, seule voie de communication dans ces pourparlers.
Selon les informations divulguées par Reuters, le plan prévoit que l’Iran renonce à son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions et de la restitution de ses avoirs gelés.
Par ailleurs, le site américain Axios a rapporté ce lundi, citant des sources, que des négociations sont en cours entre les États-Unis, l’Iran et des médiateurs régionaux concernant les conditions d’un éventuel cessez-le-feu d’une durée de 45 jours. Ce dernier pourrait déboucher sur une fin définitive de la guerre, selon quatre sources américaines. Ces sources ont toutefois indiqué que les chances de parvenir à un accord partiel dans les 48 prochaines heures sont minces. Elles soulignent néanmoins que cette ultime tentative représente la seule opportunité d’éviter une escalade majeure du conflit, qui pourrait inclure des frappes à grande échelle contre les infrastructures civiles iraniennes, ainsi que des ripostes visant les installations énergétiques et hydrauliques des pays du Golfe.
Malik M.

