Une nouvelle procédure pour mieux connaître ses clients: La Banque d’Algérie durcit les règles KYC

La Banque d’Algérie a publié une instruction fixant les règles d’identification de la clientèle, une mesure clé dans la lutte contre les circuits financiers illicites. Signée par le gouverneur Mohamed Lamine Lebbou, ce texte du 30 avril 2026 s’inscrit dans le cadre d’un règlement plus large visant à prévenir le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Concrètement, les banques, les établissements financiers ainsi que les services financiers d’Algérie Poste sont désormais tenus d’identifier et de vérifier l’identité de leurs clients, qu’il s’agisse de clients réguliers ou occasionnels. Cette obligation s’étend également aux mandataires, aux représentants légaux, aux personnes agissant pour le compte d’autrui ainsi qu’aux bénéficiaires effectifs. Avant même d’établir une relation d’affaires, et tout au long de celle-ci, les institutions concernées devront rassembler un certain nombre d’informations : identité et adresse du client, qualité du représentant légal, profil du client, nature et objet de l’opération envisagée. L’objectif final est de dresser un profil de risque pour chaque relation.

Une approche adaptée aux risques
Les établissements assujettis peuvent, dans la limite des textes en vigueur, appliquer des mesures d’identification renforcées en fonction de leur spécificité, de leur activité et de leur taille. L’instruction précise que ces diligences doivent être mises en œuvre selon une approche basée sur les risques, en tenant compte du profil des clients, des produits et services proposés, des canaux de distribution et des zones géographiques concernées. En clair, plus une situation présente des risques potentiels, plus les contrôles devront être approfondis. Les banques et autres opérateurs sont ainsi appelés à identifier,
évaluer, comprendre et atténuer les menaces liées au blanchiment d’argent, au financement du terrorisme ou à la prolifération des armes de destruction massive.
Cette nouvelle instruction marque une étape supplémentaire dans le renforcement de la transparence financière en Algérie, en imposant aux acteurs du secteur une vigilance accrue vis-à-vis de leur clientèle.
Lotfi L.-E.