La 23e session de la Grande Commission mixte algéro-tunisienne de coopération, coprésidée par le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb et la cheffe du gouvernement tunisien Sarra Zaafrani, s’est achevée vendredi dernier à Tunis sur une note historique. Cette rencontre, placée sous le signe d’une volonté politique commune affirmée par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Kaïs Saïed, a abouti à la signature de 25 accords, conventions et programmes exécutifs, scellant une nouvelle étape vers un partenariat stratégique et intégré entre les deux nations sœurs.
Un partenariat élargi : 25 accords pour une coopération multisectorielle
Les travaux de cette session se sont concrétisés par une moisson d’accords sans précédent, touchant à des domaines vitaux et structurants pour les deux économies. Cette diversification témoigne d’une vision ambitieuse qui dépasse le cadre traditionnel de la coopération. Les secteurs clés concernés sont l’économie et l’investissement, avec des mémorandums signés entre les agences de promotion des investissements et dans le domaine des finances, incluant la lutte contre le blanchiment d’argent.
Le domaine de l’énergie et des industries est également renforcé par un accord-cadre sur les énergies renouvelables et un mémorandum dans l’industrie pharmaceutique. Les infrastructures et les ressources voient leur coopération consolidée dans la gestion de l’eau, l’irrigation, les transports routiers et la pêche.
La culture et la communication sont rapprochées via des jumelages entre médias publics et des accords entre agences de presse. Enfin, le social et la formation bénéficient de programmes exécutifs couvrant la jeunesse, les sports, la santé, la solidarité et l’éducation spécialisée. Cette approche globale vise à créer un écosystème de coopération interdépendant, où les progrès dans un secteur entraînent et facilitent les avancées dans d’autres.
Une volonté politique commune : hisser la relation au rang de choix stratégique
Les discussions ont été empreintes d’une convergence de vues remarquable, réaffirmant que le renforcement du lien bilatéral constitue un choix stratégique et déterminant pour les deux pays, surtout dans un contexte régional instable.
Les dirigeants ont insisté sur plusieurs principes directeurs, à commencer par la fidélité à l’histoire, rappelant la nécessité d’être à la hauteur des sacrifices communs des deux peuples et de leur passé glorieux. Cette session est présentée comme la concrétisation directe de la vision partagée des présidents Tebboune et Saïed, déterminés à transformer cette fraternité en un partenariat économique et sécuritaire solide. Sur le plan régional, les deux parties ont également réaffirmé leur parfaite harmonie sur des dossiers majeurs tels que la cause palestinienne et la situation en Libye, envisageant même d’élargir le cadre de leurs consultations trilatérales à ce dernier pays.
Défis et perspectives : concrétiser l’intégration économique et frontalière
Au-delà des signatures, la Commission a servi de cadre pour un diagnostic franc des défis et la formulation d’objectifs concrets.
Le volume des échanges commerciaux, bien qu’en croissance avec 2,3 milliards de dollars américains en 2024, est encore jugé inférieur au potentiel des deux nations.
Les priorités identifiées pour l’avenir immédiat sont claires. Premièrement, il s’agit de diversifier les échanges en multipliant les commerce hors hydrocarbures, en levant les obstacles structurels et en exploitant les complémentarités industrielles. Deuxièmement, le développement des zones frontalières, considéré comme une dimension stratégique, vise à transformer ces régions en véritables pôles de développement économique et d’intégration via des projets communs et la facilitation de la circulation.
Enfin, la création d’un environnement propice passe par la mise en œuvre effective et coordonnée des accords signés, en s’appuyant sur les nouvelles lois incitatives, comme la loi algérienne sur l’investissement, pour attirer les opérateurs économiques des deux côtés de la frontière.
La 23e session de la Grande Commission mixte algéro-tunisienne a dépassé le cadre d’une simple réunion technique pour incarner une volonté politique renouvelée et structurante.
En scellant 25 accords et en traçant une feuille de route ambitieuse centrée sur l’intégration économique réelle, l’Algérie et la Tunisie ont posé les jalons d’une alliance renforcée, destinée à faire face aux défis communs et à réaliser les aspirations de prospérité de leurs peuples.
Le succès de ce partenariat stratégique se mesurera désormais à l’aune de la concrétisation effective et rapide de ces engagements sur le terrain .
Samira A.
