Un tournant après 41 ans de détention : Libération de Georges Ibrahim Abdallah

La Cour d’appel de Paris a décidé, jeudi 18 juillet, la libération de Georges Ibrahim Abdallah, militant libanais emprisonné en France depuis 1984. Âgé de 74 ans, Abdallah avait pourtant purgé sa peine dès 1999, devenant l’un des plus anciens prisonniers politiques d’Europe. Sa libération, prévue pour le 25 juillet, est conditionnée à son départ définitif du territoire français. Cette décision exceptionnelle intervient après 12 refus successifs de libération conditionnelle, et malgré les pressions exercées pendant plus de deux décennies par les États-Unis et Israël. Elle marque également un moment rare d’indépendance judiciaire en France. Le Liban, qui réclame son retour depuis des années, a garanti son rapatriement immédiat. Militant marxiste et pro-palestinien, Abdallah avait rejoint le Front populaire de libération de la Palestine après avoir été blessé lors de l’invasion israélienne du Liban.
Fondateur des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), il est accusé d’avoir orchestré plusieurs attentats en Europe entre 1981 et 1982. Condamné à la prison à vie en 1987 pour complicité dans l’assassinat de deux diplomates, il a toujours nié les faits, les qualifiant d’« actes de résistance ».« Je suis un combattant, pas un criminel », a-t-il déclaré lors de ses audiences. Pour ses soutiens, cette libération tardive est une victoire morale et un symbole de résistance à l’impérialisme.