Dans une démarche visant à améliorer significativement les conditions de vie des étudiants algériens, le gouvernement a annoncé une série de mesures ambitieuses. Au cœur de ces réformes, la revalorisation substantielle de la bourse universitaire, qui devrait doubler dans un avenir très proche, passant ainsi de 1 300 à 2 000 dinars algériens.
Cette décision historique, soutenue par une mobilisation de 5 milliards de dinars, fait suite à une première augmentation décidée par le président Abdelmadjid Tebboune lui-même.
Selon Abdelhakim Djebrani, directeur général des finances au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, cette initiative s’inscrit dans la lignée des réformes pédagogiques et
logistiques entreprises par le chef de l’État. Celui-ci a ordonné une refonte complète de la situation socio-pédagogique des étudiants dans le pays, impliquant plusieurs partenaires, dont le Centre de Recherche en Économie Appliquée pour le Développement (CREAD), afin de se rapprocher du concept d’aide directe. Actuellement, l’État contribue à hauteur de 130 dinars par jour et par étudiant pour couvrir les frais de repas et de transport. Cependant, le coût de l’impression d’un ticket dépasse celui de la prestation elle-même, une situation qui pousse les autorités à numériser le système des tickets universitaires.
Désormais, les étudiants gèrent leurs prestations via un portefeuille électronique, permettant ainsi
de réduire les coûts. Des enquêtes menées auprès de la communauté universitaire révèlent que les étudiants sont prêts à payer un peu plus cher pour bénéficier de services de meilleure qualité, notamment en ce qui concerne la restauration. Cependant, leur contribution restera symbolique, estime M. Djebrani, l’objectif étant de renforcer les ressources de l’Office National des Œuvres Universitaires (ONOU). L’État continuera de subventionner ces prestations avec une enveloppe annuelle de 103 milliards de dinars, couvrant les bourses, les repas et les transports.
La numérisation des œuvres universitaires a déjà permis d’économiser 12 milliards de dinars, dont 10 milliards sur l’alimentation et 2 milliards sur les transports. Ces économies ont été réinvesties dans l’augmentation des bourses, sans recourir à des fonds supplémentaires de l’État.
Parallèlement, le ministère a pris des mesures pour inclure davantage d’étudiants dans le système de bourses. Ainsi, l’extrait de rôle et le certificat de non-imposition ont été supprimés des dossiers de demande de bourse à partir de l’année universitaire 2024-2025, permettant aux étudiants dont les parents ont des différends avec le fisc de bénéficier de cette aide.
De plus, le seuil de revenu des parents a été relevé à 10 fois le Salaire National Minimum Garanti (SNMG), soit environ 20 000 dinars, afin d’uniformiser les critères d’éligibilité et d’éviter d’exclure des étudiants en raison du niveau de revenus de leurs parents. Djebrani a souligné que les efforts se poursuivent pour permettre à tous les étudiants de toucher une bourse, indépendamment des revenus de leurs parents. Le nombre de bénéficiaires devrait passer de 1 600 000 à 1 800 000 pour l’année universitaire 2024-2025, en tenant compte des 400 000 nouveaux bacheliers attendus.
Concernant l’hébergement, le réseau a été renforcé avec 80 000 nouveaux lits, soit l’équivalent de 40 résidences universitaires, au cours des cinq dernières années. Des efforts ont également été consentis pour la réhabilitation des anciennes résidences et l’amélioration des équipements et des activités au sein des campus. Enfin, l’État envisage de permettre aux établissements d’enseignement supérieur de générer des revenus supplémentaires en exploitant leurs infrastructures pendant les périodes de vacances, en les louant pour des séminaires, des colloques ou en les transformant temporairement en résidences d’été,
à l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays.
Ces mesures audacieuses témoignent de la volonté du gouvernement algérien d’offrir aux étudiants des conditions d’études dignes et favorables à leur épanouissement personnel et académique.
Elles marquent un tournant décisif dans la politique estudiantine du pays, ouvrant la voie à un avenir plus prometteur pour la jeunesse algérienne .
Malik.M..

