Un engagement historique : L’Algérie, premier État à reconnaître la Palestine en 1988

Près des trois quarts des membres des Nations unies reconnaissent aujourd’hui l’État de Palestine, proclamé à la fin des années 1980 par la direction palestinienne en exil. Sur les 193 États membres de l’ONU, ils sont désormais au moins 145 à l’avoir reconnu ou à s’apprêter à le faire, en comptant la France, le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni, qui prévoient une reconnaissance officielle en septembre prochain lors de l’Assemblée générale de l’ONU.Ce mouvement international a trouvé son premier élan en Algérie, en novembre 1988.Le 15 novembre, à Alger, au cœur de la première Intifada, Yasser Arafat, alors dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), annonce, devant le Conseil national palestinien réuni en exil, la création de l’État de Palestine avec Al-Qods pour capitale.
Quelques minutes à peine après cette déclaration historique, l’Algérie devient le tout premier pays à reconnaître officiellement le nouvel État.Dans les jours qui suivent, la dynamique s’accélère : une quarantaine de pays, dont la Chine, l’Inde, la Turquie et la quasi-totalité des pays arabes, emboîtent le pas à Alger. Puis viennent presque tous les États africains (à deux exceptions près) ainsi que le bloc soviétique.
Deux décennies plus tard, entre 2010 et 2011, une nouvelle vague de reconnaissances émane principalement d’Amérique latine, traduisant un repositionnement diplomatique face à l’alliance stratégique entre Washington et Tel-Aviv.
Sous la présidence de Mahmoud Abbas, successeur de Yasser Arafat, l’Autorité palestinienne entame alors une offensive diplomatique sur la scène internationale. L’Unesco ouvre la voie en octobre 2011, en acceptant la Palestine comme membre à part entière. En novembre 2012, l’Assemblée générale de l’ONU lui accorde le statut d’État observateur, offrant ainsi l’accès à de nombreuses agences et traités internationaux. Ce statut permettra, en 2015, l’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI) et l’ouverture d’enquêtes sur les crimes commis dans les territoires palestiniens.La guerre et les massacres dans la bande de Ghaza ont récemment ravivé le débat mondial.
En 2024, quatre pays des Caraïbes (Jamaïque, Trinité-et-Tobago, Barbade, Bahamas) ainsi que l’Arménie franchissent le pas. En Europe, la Norvège, l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie annoncent leur reconnaissance, une première depuis celle de la Suède en 2014.Aujourd’hui, la perspective d’une reconnaissance par de grandes puissances comme la France, l’Australie, le Canada, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, prévue pour septembre 2025, pourrait marquer une nouvelle étape dans ce long processus. D’autres pays, comme la Finlande et le Portugal, expriment également une disposition favorable. Mais, dans l’histoire de cette reconnaissance internationale, l’Algérie restera à jamais le premier État à avoir officiellement donné corps à la proclamation de la Palestine, inscrivant ainsi son nom comme l’un des soutiens les plus constants et résolus à la cause palestinienne .
Imène.G