Trafic d’antiquités:L’Algérie veille sur son patrimoine pillé

L’Algérie poursuit sans relâche sa lutte contre le pillage de son patrimoine historique, devenu la cible de réseaux criminels organisés. Cette semaine, la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de la Sûreté de la wilaya de Mila, agissant sous la supervision du parquet local, a intercepté un individu de 42 ans en possession de 64 pièces de monnaie antiques d’une valeur archéologique exceptionnelle. Fabriquées en bronze, ces pièces remontent à l’époque numide, témoins d’une civilisation profondément enracinée dans l’histoire du Maghreb.
L’opération, menée dans la ville de Mila, s’inscrit dans une dynamique nationale de protection du patrimoine. Les expertises réalisées par les services compétents ont confirmé l’authenticité et l’importance historique de ces objets, qui auraient pu disparaître dans les circuits opaques du trafic international. Le suspect a été présenté devant les autorités judiciaires, conformément aux procédures en vigueur.
Ce n’est pas un cas isolé. En mai dernier, les services de la Police des frontières aériennes de l’aéroport international Houari-Boumediene, en coordination avec les douanes, ont mis en échec l’une des plus vastes tentatives de contrebande de devises et d’objets archéologiques. Trois individus ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de faire passer 182 500 euros, dissimulés dans des colis de dattes, à destination d’Istanbul.
L’enquête a révélé des méthodes de dissimulation sophistiquées et une organisation bien rodée. Les perquisitions menées dans les domiciles des suspects ont permis de découvrir 12 000 euros supplémentaires, 1 352 pièces de monnaie antiques, ainsi que deux armes blanches, dont un poignard en argent classé catégorie VI, et une somme en dinars algériens dépassant 1,76 million de dinars, soupçonnée d’être liée à cette activité criminelle.
Ces affaires illustrent la pression croissante sur le patrimoine algérien, convoité pour sa richesse historique et sa valeur marchande. Mais elles témoignent aussi de la vigilance des autorités, déterminées à défendre ce trésor collectif.
L’Algérie ne se contente pas de préserver ses vestiges : elle les protège activement, les revendique et les inscrit dans une mémoire nationale vivante.
Dans un monde où les objets archéologiques deviennent des marchandises, l’Algérie affirme que son histoire n’est pas à vendre. Chaque pièce récupérée est une victoire contre l’oubli, une réponse ferme à ceux qui tentent de monnayer l’âme d’un peuple. Le patrimoine algérien, fruit de siècles de civilisation, mérite d’être transmis, étudié et célébré, non dissimulé dans des valises en partance .
Lamine N.