Le tourisme thermal algérien entend franchir un nouveau cap. À l’issue du Forum national consacré à cette activité, clôturé mardi dernier à Guelma, les participants ont préconisé la création d’un label de qualité spécifique au thermalisme national. L’objectif est de mieux valoriser les ressources thermales du pays, d’améliorer les prestations proposées aux curistes et de renforcer l’attractivité de cette destination, aussi bien auprès des touristes nationaux qu’étrangers. Cette rencontre de deux jours, qui a réuni plus de 200 acteurs du secteur, dont des experts, des investisseurs et des représentants d’établissements thermaux, a permis de dégager plusieurs pistes pour structurer et développer cette filière.
Des spécialistes venus d’Italie, de Chine et d’Azerbaïdjan ont également pris part aux travaux, aux côtés de diplomates accrédités en Algérie.
Présidant la cérémonie de clôture aux côtés du wali de Guelma, Samir Chibani, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi, a souligné le rôle du tourisme thermal dans la dynamisation de l’économie locale, la promotion de l’investissement et la création d’emplois. Elle a également rappelé les orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en faveur du tourisme intérieur et du rayonnement de la destination Algérie. Pour la ministre, les recommandations formulées à Guelma doivent servir de base à une feuille de route destinée à moderniser la gestion des stations thermales, à améliorer les services et à encourager les investissements, tout en assurant une meilleure promotion du produit thermal algérien sur les marchés national et international.
Une offre thermale à mieux organiser
Parmi les principales recommandations figure l’instauration de normes unifiées permettant de classer les stations thermales selon des critères précis. Les participants ont également proposé la création de circuits touristiques dédiés au thermalisme, afin de mieux intégrer les établissements dans les parcours de découverte et de séjour. L’enjeu consiste aussi à diversifier les prestations et à proposer des formules adaptées aux attentes des familles algériennes comme des visiteurs étrangers. Hébergement, soins par les eaux thermales, détente et loisirs pourraient ainsi être réunis dans des offres complètes, susceptibles de prolonger les séjours et d’accroître l’attractivité des stations.
La valorisation du patrimoine thermal passe également par une exploitation mieux encadrée des ressources naturelles. Les participants ont insisté sur la nécessité de réaliser un diagnostic des ressources disponibles, de les classer selon leurs caractéristiques thérapeutiques et de garantir leur utilisation durable, sur la base de critères scientifiques rigoureux. Ils ont, dans ce cadre, recommandé de renforcer les partenariats entre les établissements thermaux et les agences de tourisme et de voyages pour faciliter la commercialisation des séjours.
Formation, numérisation et investissements
L’amélioration de la qualité des prestations suppose également de renforcer les compétences professionnelles. Les participants ont préconisé l’élaboration d’un référentiel national pour classifier les métiers et spécialités liés au tourisme thermal, ainsi que la création de nouvelles formations adaptées à l’évolution de cette activité. Le renforcement de l’encadrement médical, une meilleure coordination entre les spécialistes et la mise en place de programmes de formation continue figurent également parmi les priorités avancées.
Ces mesures visent à améliorer la prise en charge des curistes et à adapter les qualifications des personnels aux progrès scientifiques et techniques. Autre chantier identifié, la numérisation des établissements thermaux. Les recommandations prévoient l’unification des systèmes d’information et l’adoption d’un dossier médical électronique retraçant le parcours thérapeutique des curistes. Cet outil serait accessible aux médecins, aux organismes de sécurité sociale et aux gestionnaires des stations, dans le cadre de leurs missions respectives.
Sur le volet économique, les participants ont plaidé pour un renforcement du partenariat entre les secteurs public et privé, accompagné de mesures destinées à attirer de nouveaux investisseurs.
Ils ont notamment appelé à une plus grande implication des banques et à des facilités de financement, en particulier sous forme de prêts à long terme, afin de soutenir la modernisation des infrastructures et le développement des établissements.
À travers ces recommandations, les professionnels réunis à Guelma ont mis en avant une même nécessité, faire du thermalisme une véritable filière touristique, structurée autour de normes de qualité, d’infrastructures modernisées et d’une offre diversifiée. La mise en œuvre de ces propositions constituera désormais un enjeu majeur pour transformer le potentiel thermal algérien en levier durable de développement économique et territorial.
Lotfi C.
