Le fonds vert pour le climat avait jusqu’ici tenu l’Algérie à distance. C’est désormais chose faite. Son conseil d’administration, réuni hier mercredi dans le quartier d’affaires international de Songdo, en Corée du Sud, a donné son feu vert à un premier projet dans le pays, consacré à la lutte contre la désertification et à la restauration des écosystèmes dégradés. La même séance a validé une autre initiative d’envergure, au Mexique. Porté avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le programme s’étendra sur sept ans et prolonge l’élan du Barrage vert. Il vise à renforcer la résilience face au dérèglement climatique sur 454 138 hectares, dans six wilayas.
Le financement dit autant que les ambitions. Le Fonds apporte une subvention de 43 millions de dollars, mais c’est le gouvernement algérien qui engage la somme la plus importante, avec 56,5 millions de dollars de cofinancement. Près de 100 millions de dollars au total, dont plus de la moitié sort du budget national. Sur le terrain, l’impact attendu se compte en vies autant qu’en hectares. Plus d’un million d’habitants des zones arides devraient en bénéficier, dont plus de 142 000 agriculteurs et éleveurs soutenus directement. Plus de 59 000 hectares de forêts, de parcours, de dunes et de terres agricoles dégradées seront restaurés.
Le volet énergie et alimentation est tout aussi concret. Cent quatre vingt dix unités solaires donneront accès à une énergie propre aux foyers ruraux, pastoraux et agricoles des zones reculées. Deux cent quarante unités de culture hydroponique produiront de l’aliment pour le bétail, de quoi nourrir toute l’année plus de 25 000 têtes. Enfin, la FAO précise que le projet doit faciliter l’accès au financement pour les micro projets ruraux, avec une règle claire, la moitié des fonds devant être orientée vers les femmes.
A. G.
Barrage vert : le fonds vert pour le climat s’engage pour la première fois à l’échelle locale
