Tizi Ouzou: l’émouvante réinhumation de 14 martyrs, 48 héros d’un même village veillent désormais au même sol

La terre de Tizi Ouzou a vibré, hier samedi, d’une ferveur rare. Au village Ighil Igoulmimene, dans la commune d’Imsouhal, les dépouilles de 14 martyrs de la glorieuse Guerre de libération nationale ont retrouvé leur dernier repos, soixante-dix ans après leur sacrifice. Une cérémonie empreinte de recueillement et de fierté patriotique, placée sous le haut patronage du ministre des Moudjahidine et des Ayants-droits, le professeur Abdelmalek Tacherift, entouré du wali de Tizi Ouzou, Aboubaker Sidik Bousta, des autorités locales, de la famille révolutionnaire et d’une foule venue nombreuse témoigner son indéfectible attachement à la mémoire des illustres disparus.
Devant le monument dédié aux héros de la nation, l’assistance a vécu un moment suspendu entre passé de braise et présent de reconnaissance.
Dans une allocution solennelle, le ministre Tacherift a souligné que cette réinhumation, longtemps après la disparition physique de ces fils loyaux, «revêt une profonde signification : celle de rappeler que l’Algérie n’oublie jamais ses enfants honorables».
Il a ajouté que leur mémoire «demeurera un legs sacré que préservera l’État algérien, sous la conduite du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en fidélité au message éternel de Novembre et aux sacrifices des hommes et des femmes pour la patrie».
Cette opération n’est pas qu’un acte administratif ou symbolique. Elle constitue, selon le ministre, «un message renouvelé de fidélité transmis de génération en génération», afin que l’histoire de la Révolution reste une boussole pour les nobles valeurs nationales, l’esprit de sacrifice et la loyauté qui ont forgé l’indépendance et la souveraineté de l’Algérie.
L’occasion était également propice pour rappeler le passé héroïque de cette commune rurale et combattante, véritable bastion de la résistance qui a soutenu la révolution par ses hommes et ses femmes, consentant d’immenses sacrifices à jamais gravés dans la mémoire nationale. Le village Ighil Igoulmimene n’est pas un lieu comme les autres. À lui seul, il a offert 48 martyrs tombés au champ d’honneur, dont les 14 réinhumés hier samedi, qui reposaient jusqu’alors là où ils étaient tombés, souvent à même le sol de leur combat. Un chiffre qui donne la mesure de l’engagement exceptionnel de cette communauté.
Le ministre a d’ailleurs évoqué avec émotion la bataille héroïque du 11 août 1956, marquée par la mort du valeureux Amar Ath Cheikh, figure emblématique du mouvement national. Son nom, a-t-il dit, restera à jamais associé au courage, à la loyauté et à l’amour sans faille de la patrie La cérémonie s’est achevée par la lecture de la «fatiha» et des prières pour le repos éternel des âmes des disparus, dans une atmosphère de profonde communion nationale.
Le ministre a enfin adressé ses remerciements aux autorités locales pour leur mobilisation, saluant un acte qui «traduit la fidélité de l’État à la mémoire des valeureux martyrs ainsi que sa volonté constante de préserver l’histoire de la nation et de sauvegarder ses symboles éternels». En ce jour de mémoire, l’Algérie a une fois de plus montré qu’elle sait honorer ceux qui ont donné leur vie pour qu’elle soit libre.
N. C.