Tirs croisés sur le Golfe: Les États-Unis et l’Iran se défient à ciel ouvert

L’armée américaine a mené, samedi et dimanche derniers, des frappes qualifiées de «défensives» contre des systèmes radar et des installations de contrôle de drones iraniens, en riposte à des actions jugées agressives de la part de Téhéran, notamment l’abattage d’un drone américain MQ-1 qui évoluait au-dessus des eaux internationales.
Selon le Commandement central américain, des chasseurs ont rapidement neutralisé des défenses aériennes iraniennes, une station au sol et deux drones d’attaque qui menaçaient directement les navires transitant dans la zone.
De son côté, le Corps des gardiens de la révolution islamique a annoncé avoir frappé en représailles la base aérienne d’où était partie l’attaque américaine, détruisant l’ensemble des cibles prédéterminées, dont une tour de télécommunications sur l’île de Sirik. Les Gardiens ont prévenu que toute nouvelle agression se heurterait à une riposte d’une tout autre ampleur, et que la responsabilité d’une éventuelle escalade incomberait entièrement aux États-Unis.
Ces affrontements interviennent alors que l’Iran et les États-Unis sont censés être en train de finaliser un accord pour mettre fin à un conflit déclenché le 28 février par une attaque conjointe américano-israélienne contre l’Iran.
Un cessez-le-feu temporaire avait été conclu le 8 avril, et des discussions médiatisées par le Pakistan se poursuivaient ces dernières semaines.
Pourtant, les deux camps s’accusent mutuellement d’en violer les termes. Jeudi déjà, des frappes américaines sur le sud de l’Iran avaient été suivies d’une attaque iranienne ayant visé le Koweït, qui a dit avoir intercepté des missiles et droneshostiles.
Les négociations indirectes, qui patinent, se trouvent ainsi fragilisées. Elles ont rapidement dérivé vers une lutte d’influence autour du détroit d’Ormuz, voie stratégique contrôlée par l’Iran, tandis que les États-Unis imposent un contre-blocus naval ciblant les ports iraniens.
Téhéran a réaffirmé que son programme nucléaire, qu’il dit pacifique, n’était pas à l’ordre du jour des discussions, contrairement aux exigences de Donald Trump.
Ce dernier a récemment durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d’un protocole d’accord, prévoyant une prolongation de soixante jours du cessez-le-feu, une réouverture du détroit d’Ormuz et un cadre pour des négociations ultérieures sur le nucléaire iranien.
Trump insiste sur des «termes très fermes» garantissant que l’Iran ne disposera pas de l’arme atomique, tandis que Téhéran réclame d’abord la levée des sanctions avant d’aborder ce dossier.
Malik M.