Le ministre omanais des Affaires étrangères, Sayyid Badr bin Hamad bin Hamood Albusaidi, a annoncé samedi que le sixième cycle de négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis, qui devait se tenir dimanche, n’aura finalement pas lieu. Cette décision survient dans un climat de vives tensions au Moyen-Orient, marqué par une brusque détérioration de la situation sécuritaire entre Téhéran et Tel-Aviv.Dans une déclaration publiée sur le réseau social X, le chef de la diplomatie omanaise a exprimé ses regrets face à l’impasse diplomatique actuelle.
Il a réaffirmé avec insistance que « la diplomatie et le dialogue restent les seuls moyens réalistes et durables pour parvenir à une paix véritable et inclusive dans la région ».
L’Oman, qui joue régulièrement le rôle de médiateur discret entre les puissances régionales, s’inquiète de plus en plus de la montée des hostilités.L’annulation des pourparlers survient au lendemain d’un échange militaire d’une rare intensité. Tôt vendredi matin, Israël a mené des frappes aériennes de grande envergure contre plusieurs sites stratégiques en Iran, dont des installations nucléaires présumées, des complexes de production de missiles balistiques ainsi que des bases militaires.
Ces attaques, d’une audace inédite, ont provoqué un tollé dans la région et soulevé de vives inquiétudes quant à un possible embrasement généralisé.En réponse à ces frappes, l’Iran a répliqué vendredi soir en lançant une salve de missiles balistiques visant des cibles militaires israéliennes. Ces échanges directs et assumés entre les deux puissances ennemies marquent une nouvelle phase critique du conflit, rendant toute avancée diplomatique extrêmement délicate.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi, s’est entretenu samedi par téléphone avec la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas. Lors de cet échange, il a condamné avec fermeté les agressions israéliennes, qu’il a qualifiées de « brutalité continue et injustifiable », et a déclaré que la poursuite de négociations indirectes avec les États-Unis dans un tel contexte était « dépourvue de sens et de légitimité ».Pour Téhéran, la tenue de discussions sur le nucléaire en parallèle d’attaques militaires violentes portées à son territoire représente une contradiction majeure.
De son côté, Washington n’a pas encore officiellement réagi à cette annulation, mais les signaux envoyés par les autorités iraniennes et omanaises laissent peu d’espoir quant à une reprise rapide du dialogue.L’échec de ce sixième round de discussions pourrait constituer un sérieux revers pour les efforts internationaux visant à contenir les ambitions nucléaires iraniennes et à prévenir une guerre régionale aux conséquences potentiellement dévastatrices .
Farid B.

