Les relations entre la France et l’Algérie connaissent une nouvelle période de turbulences, notamment en raison de mesures unilatérales prises par Paris. Le ministre français a laissé entendre que ces restrictions pourraient être levées à condition que la coopération franco-algérienne reprenne, faisant explicitement référence au rapatriement des ressortissants algériens expulsés ainsi qu’à l’affaire impliquant l’écrivain Boualem Sansal. Cependant, cette posture française soulève des interrogations quant à la nature réelle de
cette coopération. L’Algérie, attachée à sa souveraineté et à des principes de réciprocité, ne peut être contrainte par des décisions prises sans concertation. Toute relation bilatérale doit se fonder sur le respect mutuel et une approche équilibrée, loin des injonctions et des menaces de sanctions.
Des annonces françaises à visée politique
Le ministre Jean-Noël Barrot a, de son côté, brandi la menace de nouvelles mesures de rétorsion si la coopération entre les deux États ne reprenait pas selon les conditions dictées par Paris. Il a déclaré :
« Je le ferai en toute connaissance de cause, sans nécessairement l’annoncer publiquement.»
Cette déclaration sous-entend une politique de pressions exercée dans l’ombre, en contradiction avec les principes de transparence et de dialogue qui devraient régir les relations internationales.Dans la même veine, la porte-parole du gouvernement français, Sophie Primas, a déjà évoqué l’introduction de restrictions sur les visas, visant particulièrement certaines personnalités influentes dans les relations entre les deux pays. Ce type de mesures, loin d’encourager un apaisement des tensions, risque au contraire de les exacerber en ciblant directement des individus sans justification claire.
Une approche française contestable dans un contexte complexe
L’escalade des tensions trouve notamment son origine dans l’affaire de Mulhouse, mise en avant par Paris pour justifier un durcissement de sa politique migratoire. Un drame impliquant un ressortissant d’origine algérienne a relancé les débats sur la gestion des expulsions. Cependant, au lieu d’analyser les failles de son propre système judiciaire et administratif, la France préfère orienter la responsabilité vers l’Algérie. L’individu en question, arrivé en France en 2014, a été interpellé en 2023 et condamné à une peine de six mois de prison pour apologie du terrorisme. Malgré cette condamnation, il a été libéré par les autorités françaises, qui réclament aujourd’hui son expulsion. Cette situation met en lumière les contradictions de la politique française : comment justifier la libération d’un individu perçu comme dangereux avant de chercher à en faire un symbole des défaillances du système migratoire ?
L’Algérie, fidèle à ses principes, rappelle que la coopération entre les États ne peut être dictée par des rapports de force, mais doit reposer sur un dialogue constructif et équilibré. Plutôt que d’adopter une posture punitive, Paris gagnerait à repenser ses relations avec Alger dans un esprit de respect mutuel et de concertation sincère .
Fateh H.

