Tensions diplomatiques autour des 350 milliards de dollars: Séoul rejette le versement en espèces exigé par Washington

Un vent de friction souffle sur les relations économiques entre Séoul et Washington. Ce lundi, le directeur de la sécurité nationale de Corée du Sud, Wi Sung-lac, a déclaré que son pays ne pouvait pas honorer l’engagement d’un investissement colossal de 350 milliards de dollars américains sous forme de paiement en espèces, comme l’avait suggéré le président américain Donald Trump.
«De notre point de vue, il est impossible de verser 350 milliards de dollars en espèces», a affirmé Wi Sung-lac devant la presse, selon l’agence Yonhap. Cette déclaration fait suite à des propos du président Trump, qui avait affirmé que le montant serait versé à l’avance, dans le cadre d’un accord-cadre visant à réduire les droits de douane entre les deux pays.Mais à Séoul, cette interprétation suscite l’incompréhension. Les autorités sud-coréennes insistent sur le fait que l’engagement financier est destiné à soutenir des projets d’investissement bilatéraux, et non à être transféré directement en liquidités. Elles soulignent également que de telles sommes nécessitent des garanties solides, notamment un accord de swap de devises, afin de sécuriser les flux financiers et éviter toute instabilité monétaire.
Wi Sung-lac a par ailleurs exprimé des doutes sur la compréhension réelle du président américain quant à la position sud-coréenne, laissant entendre que les attentes de Washington pourraient être fondées sur une lecture simplifiée, voire erronée, des engagements pris. De son côté, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a tenté de calmer le jeu en indiquant que les discussions avec Séoul restaient ouvertes et incluaient même la possibilité d’augmenter le montant de l’investissement au-delà des 350 milliards initiaux. Une déclaration qui laisse entrevoir une volonté de négociation, mais qui ne dissipe pas les tensions sur la forme et les modalités de l’accord.
Ce différend met en lumière les divergences de perception entre alliés sur les mécanismes de coopération économique, et soulève des questions plus larges sur la manière dont les grandes puissances conçoivent les partenariats stratégiques à l’ère des rivalités commerciales exacerbées .
Malik.M.