Téhéran interpelle l’ONU: Trump accusé d’avoir dirigé les frappes israéliennes

L’Iran hausse le ton et place les Nations unies devant leurs responsabilités après les déclarations explosives de Donald Trump.
Dans une lettre officielle adressée au Conseil de sécurité, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, accuse directement les États-Unis d’avoir orchestré l’agression militaire menée en juin par Israël contre le territoire iranien.
Cette offensive, selon Téhéran, a causé plus de 1 100 morts et visé des infrastructures civiles, énergétiques ainsi que des sites nucléaires pacifiques placés sous contrôle de l’AIEA. La preuve avancée par l’Iran ne repose ni sur des documents secrets ni sur des rapports de renseignement, mais sur les propres mots de Donald Trump.
Le 6 novembre, celui-ci a publiquement affirmé : «Israël a attaqué l’Iran en premier… et j’en étais pleinement responsable».
Pour Téhéran, cette phrase constitue un aveu formel, assimilable à une pièce juridique démontrant un lien de commandement et de responsabilité.
Araghchi rappelle que l’Iran avait déjà alerté le Conseil de sécurité à travers plusieurs courriers en juin, dénonçant des «actes d’agression flagrants».
Il estime que ces frappes violent l’article 2 §4 de la Charte des Nations unies, les décisions de l’AIEA ainsi que la résolution 487 (1981), qui protège les installations nucléaires pacifiques contre toute attaque armée. Dans sa lettre, Téhéran demande que les États-Unis soient tenus responsables des pertes humaines et des destructions matérielles.
Le ministre iranien évoque des crimes d’agression et de guerre, incluant le ciblage de civils, d’hôpitaux, de médias et de responsables militaires. La responsabilité pénale est également étendue aux dirigeants israéliens accusés d’avoir commandité ou exécuté ces frappes. L’Iran affirme se réserver «le droit plein et incontestable» de recourir à toutes les juridictions internationales compétentes, y compris la Cour internationale de Justice. Araghchi exhorte le Secrétaire général de l’ONU et le Conseil de sécurité, paralysé par le veto américain, à agir enfin pour garantir la reddition de comptes et faire respecter un droit international trop souvent appliqué à géométrie variable. Ce nouvel épisode met en lumière une réalité que Téhéran veut inscrire dans les archives diplomatiques : les frappes de juin n’étaient pas seulement une opération israélienne, mais une action militaire dirigée depuis Washington désormais revendiquée par son président. Pour l’Iran, ces aveux doivent devenir une pièce à charge et un test politique pour la communauté internationale .
Malik M.