Détruite en grande partie par les feux de 2021, la Maison de l’artisanat d’Ath Yenni, dans la wilaya de Tizi Ouzou, a désormais rouvert la page de son histoire.
Les travaux de réhabilitation sont achevés, et l’édifice se prépare à jouer de nouveau son rôle de vitrine pour l’un des savoir-faire les plus réputés de Kabylie, la bijouterie en argent.
Tout est né d’un constat fait sur place. Fin avril 2025, le wali de Tizi Ouzou, Abou Bakr Essedik Boucetta, visite la daïra d’Ath Yenni et s’arrête devant les murs meurtris de cette bâtisse à l’architecture remarquable.
Il décide alors de lui rendre vie. Une enveloppe d’environ 35 millions de DA est mobilisée auprès de la Caisse de solidarité et de garantie des collectivités locales (CSGCL, ex FCCL), et le chantier est confié à l’APC, qui l’a mené à un rythme soutenu jusqu’à sa livraison, en ce début de septembre.
«Nous remercions le wali d’avoir pris à bras le corps la restauration de cet édifice», confie le maire, Abdellah Djenane.
Le chef de l’exécutif était de retour sur les lieux ce jeudi 17 septembre 2026, et l’édile assure qu’il a annoncé une rallonge financière destinée à équiper le site en mobilier et en machines, pour une mise en service attendue avant la fin de l’année.
L’espace sera partagé en deux volets, l’un consacré à la formation, l’autre à l’exposition et à la vente des créations de l’artisanat local, à commencer par ce bijou dont la renommée dépasse les frontières.
Le wali a également fixé le cadre de fonctionnement du lieu.
La direction de la formation et de l’enseignement professionnels devra affecter des formateurs aux futurs stagiaires, tandis que les directions du tourisme et de l’artisanat, ainsi que la chambre des métiers, sont chargées d’épauler la commune pour installer les artisans appelés à exposer et vendre sur place. Ces trois services devront aussi suivre de près l’activité quotidienne de la Maison.
Pour le wali, l’endroit doit devenir «une véritable vitrine» de cet art ancestral qu’ont rendu célèbre les bijoutiers d’Ath Yenni. Car c’est bien la mémoire d’un métier qui se joue ici.
Filigranes délicats, motifs finement ciselés, émaux bleus, verts et jaunes, éclats de corail rouge : la parure kabyle en argent y trouvera un écrin, aux côtés de la poterie et d’autres métiers d’art de la région.
Artisans, visiteurs et touristes disposeront ainsi d’un lieu où les créations se montrent, se vendent et se transmettent.
Le bâtiment a lui-même une histoire longue. Il fut d’abord une unité artisanale spécialisée dans la bijouterie, la menuiserie et l’ébénisterie, connue des habitants comme l’unité d’ébénisterie et de bijouterie d’Ath Yenni.
Elle réunissait un atelier où le travail du bois alliait techniques traditionnelles et ameublement, et des espaces réservés aux bijoux kabyles.
Fermé dans les années 1990, le site a été récupéré en 2003 par l’APC, qui l’a mis à la disposition d’artisans sans local, et il a parfois servi de salle des fêtes pour les villageois.
En attendant l’ouverture officielle, la commune poursuit les derniers aménagements, avec l’espoir de voir les visiteurs reprendre le chemin d’Ath Yenni.
Lotfi.C.
Sortie des cendres 4 ans après les incendies : Ath Yenni retrouve sa Maison de l’artisanat
