La course de l’élection présidentielle se déroulera sans un poids lourd de la scène politique. Louisa Hanoune. La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), a annoncé samedi «la non-participation du parti au processus électoral relatif au prochain scrutin présidentiel dans son ensemble». Concrètement, le PT met fin à la campagne de collecte des parrainages, ne participera ni à la campagne électorale ni au vote le 7 septembre prochain.
La décision a, faut-il l’admettre, surpris tous les observateurs, d’autant plus que dans l’exposé des motifs, la patronne du PT s’est attardée sur les objectifs et les raisons qui ont constitué une assise solide pour la décision de participation, et non pas sur les arguments du retrait.
Certes, Louisa Hanoune a rappelé les péripéties rencontrées par ses militants lors de la campagne de collecte des parrainages, « la plus infernale et chaotique et la pire depuis 1999».
Mais, elle a omis toutefois, de détailler son bilan. «Nous procéderons ultérieurement à l’évaluation des résultats de la campagne de collecte des parrainages des électeurs, à la lumière des données qui seront versées par les bureaux de wilayas», s’est-elle contentée d’annoncer. Ce qui pose d’ailleurs moult interrogations sur ce retrait à moins de deux mois de la présidentielle. Quant, au mois de mai dernier, le PT avait décidé de participer, c’était par «devoir d’assumer nos responsabilités face au contexte mondial et régional lourd de dangers pour les travailleurs et les peuples et par l’urgente nécessité d’apporter les réponses aux questions centrales politiques, économiques et sociales d’actualité».
Ces points d’ordre ne sont-ils pas d’actualité ? Bien au contraire. Ainsi, il paraît clair que derrière la décision du Bureau politique du PT, se cachent des raisons inavouées que les jours à venir dévoileront.
Le timing choisi pour acter ce retrait n’est pas innocent. 48 heures après l’annonce par le président sortant, Abdelmadjid Tebboune, de sa candidature pour un 2e mandat, voilà que Mme Hanoune découvre que « tout est fait pour l’exclure » de la coure ! A-t-elle peur de recevoir une gifle à l’annonce des résultats des élections ?
Il faut dire que la machine électorale dressée derrière le président Tebboune, d’abord pour la collecte des signatures, puis pour la mobilisation des voix des électeurs lors de la campagne électorale, fait peur aux candidats.
En plus des partis de l’Alliance (FLN, RND, El Moustakbal), le Mouvement El Bina d’Abdelkader Bengrina qui, lui-même mobilise des foules (arrivé 2e en 2019), plusieurs partis et organisations ont exprimé leur soutien au candidat indépendant. Les chances de Louisa Hanoune, aurait-on compris au sein du PT, devenaient presque impossibles. Aussi, l’ex-candidate à la candidature aurait dû au moins poursuivre
la campagne de collecte des parrainages sur laquelle d’ailleurs, de sérieux doutes planent. Même avec les problèmes techniques rencontrés dans certaines communes reculées, le PT aurait pu quand même récolter les 50.000 signatures dans les grandes villes s’il en avait la capacité. Sinon avoir les parrainages de 600 élus (même issus d’autres partis) puisqu’il en possède pas autant au niveau national. Rien de cela ne semble avoir été acquis.
S’agit-il donc d’un aveu d’échec du parti à franchir le cap des parrainages ou de la peur d’affronter le sérieux concurrent qu’est le Président sortant Abdelmadjid Tebboune ? Dans les deux cas de figure, le PT et sa candidate auraient dû emprunter la voix de la franchise et de la transparence, plutôt que de chercher des arguments, combien même valables, ne justifient pas leur »forfait déclaré » .
Farid B.
Son retrait de la course de la présidentielle pose des interrogations: Louisa Hanoune : l’aveu d’échec ?

