Ce lundi, le siège des Nations Unies accueillera un sommet mondial décisif, coparrainé par la France et l’Arabie saoudite, pour tenter de redonner vie à la «solution à deux États», Israël et la Palestine vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues. Depuis plusieurs mois, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, alerte sur le risque d’effondrement de ce projet. «Quelle est l’alternative ? Est-ce une solution à un seul État, où les Palestiniens seraient soit expulsés, soit condamnés à vivre sans droits sur leur propre terre ?», a-t-il averti, rappelant qu’il est du devoir de la communauté internationale de maintenir vivante l’option des deux États et de créer les conditions de sa concrétisation.
L’idée d’un État palestinien indépendant remonte à 1947, lorsque l’ONU proposa le partage de la Palestine. Malgré les accords d’Oslo en 1993, les négociations ultérieures n’ont jamais abouti. Trente ans plus tard, l’objectif reste le même : un État de Palestine libre, démocratique, viable et souverain, avec Jérusalem pour capitale partagée.
Un sommet sous haute tension
La conférence s’ouvre dans un climat dramatique : plus de 60 000 victimes à Ghaza depuis le 7 octobre 2023, famine déclarée dans le nord de l’enclave, intensification de la colonisation en Cisjordanie et frappes israéliennes au-delà de la région. Pourtant, sur le plan diplomatique, la solution à deux États regagne du terrain. Le 12 septembre, l’Assemblée générale a adopté à une large majorité la «Déclaration de New York», appelant à une paix juste et durable fondée sur le droit international et exhortant le Hamas à céder la gestion de Ghaza à l’Autorité palestinienne.
Vers une reconnaissance de la Palestine
Le sommet de ce lundi pourrait marquer un tournant. Le président français Emmanuel Macron devrait annoncer la reconnaissance officielle de l’État de Palestine. D’autres pays, dont le Royaume-Uni, le Canada, la Belgique et l’Australie, envisagent de suivre cette voie.
Cette réunion à l’ONU pourrait ainsi ouvrir une nouvelle étape historique : offrir enfin au peuple palestinien la perspective de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance, et replacer la Palestine au cœur de la légalité internationale .
Fateh H.

