Situation sociale, économique, politique, questions internationales…Tebboune dit tout !

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est exprimé sur de nombreuses questions liées à l’actualité politique, économique et sociale du pays ainsi que sur des questions internationales, lors de son interview avec des représentants de médias nationaux, diffusée dans la soirée de samedi.
L’interview a été entamée par la grande question de l’heure : l’inauguration de la ligne ferroviaire minière Ouest Gara Djebilet-Tindouf-Béchar de 950 km, et les enjeux de ce grand projet stratégique. «Ce n’est que le début d’un projet national d’envergure visant à exploiter les richesses minières du pays», a affirmé d’emblée le chef de l’état, pour qui, ce genre de projet s’agit des «premiers pas d’un pays émergent».
Le président de la République s’est dit très fier de la concrétisation de cette ligne minière, «réalisée avec des capacités nationales en un temps record», ce qui prouve encore une fois que l’Algérie est un «pays d’exploits», et ce, a-t-il dit, «malgré les tentatives de remise en question du processus d’édification nationale». Ce projet, a-t-il précisé, est «l’une des batailles menées par les grands hommes du pays» et a démontré que «les hommes de l’Algérie sont toujours debout, en dépit de la soumission de beaucoup».
Le Président Tebboune n’a pas manqué de répondre à certaines critiques visant ce projet, appelant à ne pas accorder de l’importance à ceux qui ont un niveau primaire et qui ne cultive que l’insulte et la diffamation. Il a affirmé que ces critiques «s’opposent aux conclusions unanimes des différentes études», précisant qu’elles «émanent de personnes mal intentionnées qui servent les intérêts de pays qui, eux-mêmes, reconnaissant l’importance de ce projet».
Le contexte était mis à profit pour évoquer la mine de fer de Gara Djebilet.
M. Tebboune a insisté sur son importance stratégique au regard de sa forte rentabilité et de son impact économique majeur permettant, dans une première étape, a-t-il dit, d’économiser 1,5 milliard de dollars actuellement alloués à l’importation de minerai de fer destiné aux complexes sidérurgiques d’Oran, de Jijel et d’Annaba, avant de passer à l’exportation et de compenser, à un stade ultérieur, une partie des recettes générées par les hydrocarbures.
Le chef de l’état n’a pas manqué d’évoquer les autres projets miniers et de ligne ferroviaire en projet. Ainsi, il a indiqué que le projet de la mine de plomb et de zinc d’Oued Amizour, wilaya de Béjaïa, sera lancé avant la fin du premier trimestre de l’année 2026.
Pour ce qui est de la ligne minière Est reliant la mine de Bled El-Hadba au port d’Annaba, le président de la République a souligné qu’après achèvement de la ligne minière Ouest, «toutes les capacités nationales en matière de réalisation de projets ferroviaires seront mobilisées pour cette ligne», précisant que «sur un total de 450 km, il ne reste que 150 à 175 km à finaliser dans un délai d’une année ou un peu plus».
Le phosphate algérien sera chargé sur le quai minier du port d’Annaba de «la fin de l’année 2026, au terme du premier semestre 2027», a-t-il ajouté.
Concernant la ligne Alger-Tamanrasset, il a souligné que sa mise en exploitation est prévue en 2028, «si tout se déroule conformément au plan», tandis que le réseau atteindra Adrar «entre fin 2026 et le premier semestre 2027».

Un PIB de 400 milliards de dollars en 2027
Au plan économique, le chef de l’état a mis en évidence les réalisations du pays, le renforcement des exportations hors hydrocarbures et la maîtrise du taux d’inflation. Il a affirmé que le produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie dépassera les 400 milliards de dollars à la fin de l’année 2027 «au plus tard», soulignant que «la cadence à laquelle évolue actuellement l’économie nationale nous rend optimistes quant à la réalisation de cet objectif».
Mais, a-t-il dit, la concrétisation de cet objectif nécessite la réunion d’un ensemble de conditions, dont la révision de nos besoins et la réalisation de mégaprojets structurants, à l’instar des mines de Gara Djebilet et d’Oued Amizour et du projet de phosphate intégré.
Selon lui, l’Algérie a pu réaliser des chiffres importants en matière d’exportations hors hydrocarbures qui ont atteint 5 milliards de dollars, mais que les produits nationaux faisaient face à une guerre sur les marchés extérieurs. Il a ajouté qu’en dépit de cette progression, une «guerre est menée contre l’Algérie en matière d’exportations hors hydrocarbure», en faisant référence aux «pratiques déloyales» auxquelles sont confrontées les exportations algériennes de rond à béton en Europe.
Cette dernière attribue à l’Algérie un quota pour chaque trimestre, quantité qui est totalement consommée en 12 jours, alors que 85% des achats de l’Algérie proviennent d’Europe, a-t-il rappelé.
à ce propos, il a fait remarquer que l’Algérie a demandé une renégociation, mais qu’aucun
consensus européen n’a été atteint. Concernant l’endettement extérieur, le président de la République a assuré que l’Algérie n’y aura pas recours, précisant que tout financement extérieur se fera «selon une vision rationnelle et exclusivement orientée vers des projets économiques à haute rentabilité».
Il a, à ce titre, précisé que l’Algérie bénéficie d’un financement de la Banque africaine de développement (BAD) d’une valeur dépassant 3 milliards de dollars, destiné à la réalisation du projet d’extension de la voie ferrée vers El Menia et Ghardaïa «avec possibilité de remboursement adapté s’étalant sur 13 ans».
Il a, en outre, fait observer que l’Algérie peut bénéficier des services de la BAD, d’autant plus qu’elle en
est l’un des membres fondateurs et l’un de ses principaux contributeurs.
à propos du taux d’inflation, il a précisé qu’il est passé de près de 11% en 2019 à moins de 1,8%, qualifiant cette évolution de «miracle dans le contexte actuel», comparativement à d’autres pays ayant connu une flambée des prix. Il a également exprimé son refus, à l’heure actuelle, d’imposer le péage pour l’utilisation de l’autoroute Est-Ouest.

Construire un état fort et solide
Le chef de l’état a évoqué, en outre, la situation politique du pays, soulignant l’importance de l’amendement technique de la Constitution qui, a-t-il soutenu, «participe de la construction d’une véritable démocratie, fondée sur une référence constitutionnelle et politique». Répondant aux parties ayant lié la démarche de l’amendement technique de la Constitution à une volonté d’ouvrir les mandats présidentiels, le président de la République a lancé : «Nous travaillons avec patriotisme et sincérité, contrairement à ces parties stipendiées et instrumentalisées pour déstabiliser le pays».
évoquant le dialogue qu’il mène avec la classe politique, il a rappelé ses efforts constants pour
l’édification d’un «état fort et solide, qui ne disparaît pas avec la disparition des hommes».
Il a en outre précisé que le projet d’amendement de la loi sur les partis, actuellement en étude à l’APN,
initié à la demande de ces derniers, constitue une «étape démocratique», soulignant que le dialogue avec les formations politiques «porte sur un projet de société».
Au plan social, M. Tebboune, a affirmé la possibilité pour l’état de s’orienter vers l’application d’une nouvelle politique de soutien social à la fin de l’année en cours et au début de l’année prochaine, en
s’appuyant sur la numérisation.
Il a souligné que la numérisation «permettra, à la fin de l’année en cours et au début de l’année 2027, l’application d’une nouvelle politique de soutien social» et «orienter le soutien vers les véritables bénéficiaires», précisant que cela se fera à travers «une commission nationale composée de partis et de syndicats actifs». Il a souligné que l’état tend à aboutir à «une véritable justice sociale», indiquant que «les conditions, à ce jour, n’ont pas permis d’atteindre cet équilibre».
Fateh H.