Sétif : la statue d’Aïn El Fouara de nouveau vandalisée

Dans la soirée du 29 juillet 2025, la célèbre statue d’Aïn El Fouara, emblème culturel et historique de la ville de Sétif, a été une nouvelle fois la cible d’un acte de vandalisme. Un individu, déjà connu des services de sécurité pour des faits similaires, a été interpellé après avoir défiguré le visage de la statue, provoquant une vive émotion parmi les habitants et relançant le débat sur la protection du patrimoine national.
Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. Depuis 1997, la statue a subi plusieurs agressions : une tentative de destruction à l’explosif durant la décennie noire, des attaques à coups de marteau en 2006, 2017 et 2022, et des actes motivés par des considérations idéologiques ou des troubles mentaux.
À chaque fois, la population locale a exprimé son attachement profond à ce monument, considéré comme un symbole de l’identité sétifienne et de la mémoire collective algérienne.
Réalisée en 1898 par le sculpteur français Francis de Saint-Vidal, la statue représente une femme nue tenant un vase d’où jaillit l’eau. Elle surplombe la source d’Aïn El Fouara, au cœur de Sétif, et attire chaque année des milliers de visiteurs. Classée comme bien culturel protégé depuis 1999, elle ne peut être déplacée ni retirée de l’espace public, malgré les pressions et les polémiques récurrentes.Face à la répétition de ces actes, les appels se multiplient pour renforcer la sécurité autour du site. Les autorités locales et le ministère de la Culture ont jusqu’ici refusé de transférer la statue dans un musée, affirmant leur volonté de préserver son emplacement historique et sa symbolique urbaine. Mais la question reste entière : comment protéger durablement ce patrimoine sans céder à la peur ni renoncer à sa place dans l’espace public ? .
N.C