Sécurité régionale, coordination et lutte antiterroriste: Washington consulte Alger

Entre l’Algérie et les états Unis, la coopération militaire prend de plus en plus une autre dimension, à la faveur de la signature depuis janvier 2025 du mémorandum d’entente dans le domaine.
D’ailleurs, c’est pour donner du concret à ce texte qui lie les deux pays que le général d’Armée Dagvin Anderson, Commandant du Commandement militaire américain pour l’Afrique (US-AFRICOM), a effectué une visite en Algérie. L’occasion d’échanger avec le haut commandement militaire algérien.
Ainsi, le général d’Armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, Chef d’État-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a reçu hier mardi en audience, le chef de l’AFRICOM lors d’une cérémonie au siège de l’état-major, en présence du Commandant des Forces Terrestres, des Commandants de Forces et de la Garde Républicaine, entre autres et de membres des deux délégations.
Lors des échanges, les deux parties ont examiné «l’état de la coopération militaire entre les deux pays et échangé les points de vue sur les questions d’intérêt commun», indiquait un communiqué du MDN.
La visite de Dagvin Anderson en Algérie prouve si besoin est, de l’intérêt qu’accordent les USA à la coopération militaire avec l’Algérie.
Sa coïncidence avec ce qui s’est passé au Mali, pays frappé d’instabilité depuis qu’il a tourné le dos à l’Accord d’Alger, démontre du rôle dont jouit l’Algérie en tant que stabilisatrice de la région et nation à consulter.
Le prédécesseur de Dagvin Anderson à la tête de l’AFRICOM, à savoir le général Michael Langley, avait effectué 3 visites à Alger, dont la en janvier 2025, ponctuée par la signature d’un mémorandum
d’entente en matière de coopération militaire.
à l’époque, Langley avait même été reçu par le Président Abdelmadjid Tebboune, en audience, au sortir de laquelle, il avait salué l’Algérie «pays leader dans la région». «Un leadership qui profitera à tous les autres pays», avait-il souligné. Un an après, son successeur ne semble pas changer de cap. La doctrine, la conviction, la vision restent les mêmes : pour une région du Sahel stable, il faut consulter Alger.

Sahel : le leadership de l’Algérie reconnu
M. Chanegriha, n’a pas manqué d’ailleurs, de souligner dans son allocution, hier mardi, devant le chef de l’AFRICOM que sa visite «s’inscrit, sans nul doute, comme un nouveau maillon dans le renforcement du processus de coopération bilatérale, particulièrement après la signature en janvier 2025 du mémorandum d’entente», mettant en avant la volonté des deux pays «d’approfondir le dialogue stratégique».
«L’Algérie, agissant sur mandat de l’Union Africaine, œuvre au renforcement des mécanismes de l’initiative panafricaine commune, visant à fédérer les efforts pour l’éradication du phénomène du terrorisme et de l’extrémisme violent, dans tous ses aspects. à la faveur de ce rôle actif et dynamique, l’Algérie a pu lancer de nombreuses initiatives au niveau du continent, en adoptant une approche sécuritaire multidimensionnelle de lutte contre le terrorisme, qui repose principalement sur l’activation d’un fonds financier africain dédié à cet objectif, l’établissement d’une liste africaine des personnes et des entités impliquées dans des activités criminelles, et l’élaboration d’un mandat d’arrêt africain», a enchaîné le chef d’état-major de l’ANP.
Pour sa part, le général d’Armée Dagvin Anderson a exprimé sa «satisfaction» de sa visite en Algérie,
souhaitant consolider encore plus les relations de coopération militaire. Le commandant de l’AFRICOM s’est également félicité du niveau de coordination multidimensionnelle» entre les deux pays et «de la contribution de l’ANP à l’instauration de la sécurité et de la paix dans la région».
Une reconnaissance qui vaut son pesant dans un environnement où la parole des nations se mesure
à son poids, sa puissance, sa constance et son histoire.
Farid B.