La question du Sahara occidentale est née en 1975, suite au retrait de l’ancien colonisateur, l’Espagne. Alors que les Sahraouis croyaient avoir recouvré leur indépendance, l’armée marocaine a envahi le territoire. Le peuple sahraoui a lancé une nouvelle résistance et la guerre entre les deux pays, Maroc et Sahara occidental, a duré 16 ans. C’est en 1991 qu’un cessez-le-feu a été décrété par l’ONU qui a, en même temps, constitué la MINURSO, la mission onusienne pour l’organisation d’un référendum. La question sahraouie est une affaire de décolonisation et relève de la question du droit international.
La France qui est un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU le sait très bien. Cela ne l’a pas empêché de reconnaître la prétendue marocanité du Sahara occidental, dans un contexte marqué par le début de la fin de la France-Afrique.
Avec cette décision, la France viole le droit international, se départit du principe de neutralité qui l’a toujours animé, bien que le front Polisario a toujours accusé Paris d’entraver le processus de
résolution du conflit.
Mais avec la nouvelle décision, Paris franchit une étape dans le mépris de la communauté internationale. Ce que la France a fait dépasse en gravité ce que les USA avaient fait au cours du mandat de Donald Trump. Ce dernier, en contrepartie de la signature par le Maroc des accords d’Abraham, portant normalisation des relations avec l’Etat sioniste, s’est contenté d’un tweet trompeur selon lequel les USA reconnaissent la marocanité du Sahara occidental. La nouvelle administration américaine n’a pas continué sur la voix de Trump, laissant la question à la place qui est la sienne : le comité de décolonisation de l’ONU. Ainsi, Paris fait dans l’irresponsabilité totale dans un dossier qui alimente la tension régionale.
Au lieu d’œuvrer à la résolution du conflit, dans le cadre des résolutions de l’ONU dont elle est membre permanent, la France cherche le pourrissement de la situation.
Paris semble profiter de la déliquescence du Conseil de sécurité de l’ONU qui fait preuve d’une impuissance totale dans le dossier du génocide sioniste à Ghaza pour faire passer sa décision, avec tous les profits politiques et économiques qui s’offrent en participant à la dilapidation et au vol des richesses du peuple sahraoui. Ce dernier ne compte toutefois pas se laisser faire. Le front Polisario vient de renouveler son engagement à poursuivre la lutte jusqu’à l’indépendance de la République sahraouie.
« Nous insistons encore une fois pour que l’ONU accélère la mise en œuvre de son engagement à parachever la décolonisation du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, en faisant respecter l’application de sa Charte et de ses résolutions et en protégeant les civils sans défense croupissant sous le joug de l’occupation », a déclaré le président sahraoui à la clôture des travaux de la 12e édition de l’Université d’été des cadres du Front Polisario et de l’Etat sahraoui, tenue dans la wilaya de Boumerdès .
Fateh H.
Sahara occidentale :La décision irresponsable de Paris

