Sa reconstruction fait l’objet de tiraillements internationaux: Quel avenir pour Ghaza ?

L’avenir de la bande de Ghaza en Palestine, détruite par 15 mois d’agression de l’armée d’occupation sioniste, occupe le devant de la scène internationale. Un avenir qui toutefois divise, ce qui risque de faire durer encore le drame humanitaire sur ce territoire. Adopté mardi par Ligue arabe réunie en session extraordinaire au Caire, le plan de reconstruction de Ghaza semble être une réplique froide au pari fou du président américain Donald Trump qui dit vouloir transformer cette partie de la Palestine en « Riviera du Moyen-Orient », en délocalisant ses habitants en Egypte et en Jordanie. «Toute tentative odieuse
de déplacer le peuple palestinien ou (…) d’annexer une partie des territoires palestiniens occupés plongerait la région dans une nouvelle phase de conflits (…) ce qui constitue une menace claire pour (…) la paix », lit-on dans le communiqué final du sommet du Caire. Présenté par le président Abdel Fattah
al-Sissi, qui a pris l’engagement de garantir le maintien 2,4 millions d’habitants de Ghaza sur leur terre, le plan s’étale sur cinq ans et son cout s’élève à 53 milliards de dollars. La bande serait lors administrée durant une période transitoire par un comité de technocrates palestiniens, avant que l’Autorité palestinienne n’en reprenne le contrôle.
Dans sa première phase, il est prévu le déblaiement des débris, le déminage et la fourniture de logements temporaires pour abriter plus de 1,5 million de personnes. Suivront deux phases de reconstruction, la première comprenant des infrastructures essentielles et des logements permanents, la seconde des infrastructures incluant un port commercial et un aéroport. Toutefois, à peine dévoilé qu’il est déjà rejeté par les Etats-Unis d’Amérique et Israël. Un plan « fondé sur des perspectives dépassées », a qualifié ce dernier, déplorant que le Hamas ait été maintenu au pouvoir par cette feuille de route. Quant à Washington, par la voix de Brian Hughes, porte-parole de la Maison-Blanche, elle a estimé que cette proposition «ne tient pas compte du fait que Ghaza est actuellement inhabitable et que les habitants ne peuvent pas vivre humainement dans un territoire couvert de débris et de munitions non explosées».
Dans cette impasse, l’Algérie a insisté par la voix de son ministre des AE, Ahmed Attaf, présent au Caire, sur «la nécessité de préserver et de respecter l’indépendance de la décision palestinienne, notamment face aux velléités récentes visant à marginaliser la voix palestinienne et à l’exclure des démarches post-agression contre Ghaza». «Le peuple palestinien a fait face à toutes sortes de défis, a enduré les souffrances les plus dures et les plus cruelles, et a fait des sacrifices innombrables et indescriptibles, mais ce qui se dresse sur son chemin aujourd’hui est bien plus grave, et plus dangereux», a prévenu le chef de la diplomatie algérienne. Une position que partage le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, qui dans un message mardi sur X, a soutenu que «le peuple palestinien doit avoir le droit de se gouverner lui-même, de définir son propre avenir et de vivre sur sa terre en toute liberté et sécurité». Et d’ajouter : «Des mesures irréversibles doivent être prises dès maintenant en vue de la réalisation de la solution à deux Etats avant qu’il ne soit trop tard ». En attendant que le monde se mette d’accord sur la meilleure façon de donner vie à Ghaza, c’est sa population qui paye le prix fort d’un système international qui n’obéit à aucune loi ni droit et s’affirme impuissant face à la règle du plus fort .
Farid B.

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