Royaume-uni:Keir Starmer promet un «combat» contre l’extrême droite

ALiverpool, le congrès annuel du Parti travailliste s’est ouvert dimanche dernier dans une atmosphère électrique, marquée par des protestations internes et des interrogations croissantes sur la capacité du Premier ministre Keir Starmer à maintenir le cap. Quinze mois après son arrivée à Downing Street, le chef du gouvernement britannique se retrouve confronté à une série de défis majeurs, tant sur le plan politique qu’économique.
S’adressant aux médias britanniques à l’ouverture du congrès, Starmer a tenté de minimiser les critiques sur son leadership, déclarant qu’« en politique, il y aura toujours des commentaires sur les dirigeants et le leadership».
Il a néanmoins défendu le bilan de son gouvernement, affirmant que celui-ci avait «accompli de grandes choses au cours de la première année». Mais les faits sont têtus : l’économie britannique peine à redémarrer, l’immigration illégale atteint des niveaux records, et l’inflation reste plus élevée que dans la plupart des pays européens. Ce contexte difficile alimente le scepticisme au sein même du Labour, où certains cadres s’interrogent ouvertement sur la stratégie du Premier ministre et sur sa capacité à incarner une alternative crédible face à la montée de l’extrême droite. Car pendant que le Labour tente de se rassembler, Reform UK, le parti de Nigel Farage, poursuit son ascension fulgurante. Selon un sondage Ipsos publié dimanche, la formation populiste devance le Labour de 12 points, un écart qui fait l’effet d’un électrochoc dans les rangs travaillistes.
Face à cette menace, Keir Starmer a adopté un ton résolument combatif. «Nous avons devant nous le combat de notre vie», a-t-il déclaré sur la BBC. «Nous devons affronter Reform, nous devons les battre. Ils veulent déchirer ce pays», a-t-il martelé, qualifiant de «raciste» et «immoral» la proposition de Reform UK visant à supprimer le titre de séjour permanent pour les migrants.
Dans un appel à la cohésion, le Premier ministre a exhorté ses collègues à lui faire confiance et à lui laisser «l’espace pour avancer et faire ce [qu’il a] à faire». Il promet de livrer bataille sur tous les fronts, avec pour objectif de démontrer qu’il est capable de l’emporter face à Reform lors des prochaines élections législatives, prévues en 2029. Mais dans les coulisses du congrès, une question demeure : Keir Starmer sera-t-il encore à Downing Street dans quelques mois ? Entre turbulences internes, pression populaire et montée de l’extrême droite, le chef du gouvernement joue désormais sa survie politique.
on discours attendu mardi pourrait être décisif pour redonner souffle à un leadershipfragilisé .
Malik M.