Un chien robotique, un humanoïde et un robot de livraison intelligent, ce sont les trois prototypes que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ambitionne de voir naître sur le sol algérien, dans le cadre d’un nouveau projet national de robotique entièrement conçu et fabriqué par des compétences locales.
L’annonce a été faite lors d’une réunion présidée par le ministre Kamel Baddari, au siège du ministère, en présence du chercheur Mourad Bouzidi, professeur à l’Université de Qingdao.
Les échanges ont porté sur l’élaboration d’un plan concret visant à concevoir des prototypes réellement industrialisables, en misant sur les compétences nationales et la recherche universitaire plutôt que sur l’importation de technologies étrangères.
Le projet mobilisera les étudiants des Écoles nationales supérieures de mathématiques, d’intelligence artificielle et des systèmes autonomes, aux côtés de chercheurs du Centre de développement des technologies avancées.
Autre décision issue de cette rencontre : la création d’une plateforme technologique dédiée à la robotique, qui prendra place au pôle scientifique et technologique Chahid Abdelhafid-Ihaddaden de Sidi Abdellah. Cet espace servira de terrain d’expérimentation et de test pour les prototypes, tout en offrant un cadre de coopération renforcé entre universités, centres de recherche et institutions spécialisées dans les technologies de pointe.
Ce projet ne relève pas d’une initiative isolée. Il s’inscrit dans une stratégie nationale plus large en faveur de l’intelligence artificielle, dont le gouvernement a examiné les grandes lignes en mai dernier, autour de trois axes : les données, les infrastructures numériques et les compétences humaines.
L’objectif affiché est de bâtir un écosystème national capable de développer et d’exploiter les technologies d’IA dans l’ensemble des secteurs économiques et des services publics, avant une mise en œuvre progressive à travers des plans d’action une fois la stratégie définitivement adoptée.
La robotique n’est d’ailleurs pas un terrain inconnu pour les universités algériennes.
Ces dernières années, étudiants et chercheurs ont déjà développé des prototypes de robots et de drones ayant obtenu des résultats remarqués lors de compétitions scientifiques, tant à l’échelle nationale qu’internationale.
Des réalisations qui témoignent d’une montée en puissance réelle des compétences locales dans les systèmes intelligents à condition, souligne-t-on, qu’un environnement favorable à l’innovation et des partenariats avec les entreprises permettent de transformer ces résultats de recherche en produits concrets, exploitables sur le marché national.
Anais G.
Robots intelligents: L’Algérie veut produire elle-même sa technologie
