Riposte américaine «massive» en Syrie:Des frappes en série contre l’EI après la mort de soldats

Les États-Unis ont déclenché, vendredi dernier, une série de frappes aériennes d’envergure en Syrie, ciblant des positions du groupe État islamique. Cette opération militaire constitue une réponse directe à une attaque survenue une semaine plus tôt près de Palmyre, qui a coûté la vie à deux militaires américains et à un interprète. Le Pentagone a qualifié l’offensive de «massive».
Selon le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), plus de 70 cibles ont été frappées dans le centre de la Syrie à l’aide d’avions de chasse, d’hélicoptères et d’artillerie, avec l’emploi de «plus de 100 munitions de précision». Les bombardements ont visé des infrastructures, des sites d’armement et des combattants de l’EI dans des zones désertiques près de Homs, ainsi que dans des secteurs ruraux autour de Deir ez-Zor et de Raqqa.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a présenté cette action comme une «réponse directe» et une «déclaration de vengeance», avec pour objectif affiché d’«éliminer» la menace jihadiste. Peu avant l’annonce officielle, l’ancien président Donald Trump avait évoqué sur Truth Social de «très lourdes représailles», affirmant que Washington frappait «très fort contre des bastions de l’EI». L’attaque initiale, qui a déclenché cette escalade, aurait été perpétrée par un membre des forces de sécurité syriennes – un fait présenté comme inédit depuis qu’une coalition islamiste, ayant engagé un rapprochement avec Washington, est au pouvoir depuis un an.
Bien que territorialement défait depuis 2019, l’État islamique maintient une capacité de nuisance résiduelle dans le désert syrien.
Dans une réaction mesurée publiée sur X, le ministère syrien des Affaires étrangères a réaffirmé «son solide engagement à combattre l’EI», sans mentionner explicitement les frappes américaines. Une source locale a fait état d’«éclats de tirs de calibre moyen» dans des régions sous contrôle gouvernemental au sud-ouest de Raqqa.
Cette nouvelle escalade intervient dans un contexte où la présence militaire américaine en Syrie est remise en question : le Pentagone avait annoncé en avril une réduction de moitié de ses effectifs dans le pays. L’opération de vendredi dernier souligne la persistance de la menace jihadiste et la volonté américaine de mener des représailles ciblées, tout en interrogeant sur la stratégie et l’empreinte future de Washington dans la région.
Malik M.