Réseaux criminels transnationaux: Algérie–Espagne : vers une alliance sécuritaire renforcée

Le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud a tracé, dans un discours fort prononcé ce lundi à Alger, les contours d’une alliance renforcée entre l’Algérie et l’Espagne, érigeant leur coordination en «socle solide» face aux défis sécuritaires communs. Face à son homologue espagnol Fernando Grande Marlaska, le ministre a dépeint une vision stratégique où coopération rime avec sécurité partagée. Les preuves de cette collaboration efficace ne manquent pas : les travaux de la commission mixte de coopération sécuritaire tenus à Madrid le 13 octobre ont déjà accouché d’un programme de formation ambitieux pour 2025-2026. Au menu : renforcement des unités d’élite, lutte contre la migration maritime et conception de formations de haut niveau. La Protection civile des deux pays montre également l’exemple d’une coopération «fructueuse».

Le défi migratoire : une bataille commune
Les chiffres avancés par M. Sayoud donnent la mesure de l’enjeu : plus de 100 000 migrants irréguliers interceptés en 2024, 82 000 reconduits dans leur pays d’origine en 2025 dans des conditions «garantissant leur dignité». Le ministre souligne une approche équilibrée, mêlant «impératifs sécuritaires et considérations humanitaires», loin de toute instrumentalisation politique.
«L’Algérie ne recourt en aucun cas à la question migratoire comme moyen de chantage», a-t-il martelé, dans une allusion transparente à certaines pratiques régionales.
Pour lui, il s’agit avant tout d’une «question humanitaire» où prime la «souffrance de personnes poussées par les conditions économiques».

Réseaux criminels dans le collimateur
La menace dépasse largement la simple migration. Le ministre alerte sur des «réseaux criminels transnationaux» diversifiés dans leurs trafics : êtres humains, drogues, armes, blanchiment d’argent. Face à cette hydre, Sayoud prône une «approche commune à plusieurs niveaux», avec un renforcement de l’échange d’informations et de la coopération.

L’exemplarité algérienne
Les résultats parlent d’eux-mêmes : démantèlement de nombreux réseaux criminels, coopération «exceptionnelle» avec l’OIM ayant permis le retour volontaire de 8 500 migrants en 2024 et 7 000 en 2025. Autant de succès rendus possibles par le professionnalisme de l’Armée Nationale Populaire et des services de sécurité.

Élargir le champ de coopération
La sécurité routière émerge comme autre priorité, avec la mise en place d’un programme conjoint pour partager expériences et méthodes face à ce «fléau en hausse constante». Cette rencontre bilatérale dessine ainsi les bases d’un partenariat renforcé, où l’Algérie se positionne en acteur responsable et fiable, capable de conjuguer efficacité sécuritaire et respect des droits humains. Un message fort adressé à l’Europe, alors que la Méditerranée reste le théâtre de défis sécuritaires complexes.
Farid B.