Les relations entre l’Algérie et la France redémarrent malgré des coups de frein brusques donnés de temps à autre par Paris.
La trajectoire de la relance est officiellement entamée avec l’échange de visites officielles entre les deux pays ainsi que le retour de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, à son poste à Alger.
Ce dernier fait le point sur l’évolution des relations entre les deux pays dans un entretien accordé au journal électronique TSA. Il a commencé par affirmer que son retour en Algérie s’est fait pour une raison particulière : réengager avec l’Algérie une relation basée sur la confiance, et ce à la demande du président de la République Emmanuel Macron.
L’objectif est de «mettre fin à cette situation très difficile, très délicate que nous avons traversée au cours des derniers mois avec cette crise qui a été profonde et qui a été très longue».
«Je suis revenu en Algérie avec un mandat, avec une volonté, celle du président Emmanuel Macron, celle aussi qui m’a été confirmée dès mon arrivée par le président Abdelmadjid Tebboune, de, en quelque sorte, remettre cette relation sur les rails», a-t-il expliqué, insistant qu’une nouvelle page doit maintenant être écrite dans la relation entre la France et l’Algérie.
Le diplomate a évoqué la coopération migratoire, sécuritaire et judiciaire entre les deux pays, avec un zoom sur la question des biens mal acquis placés en France et qui sont réclamés par l’Algérie.
Conscient de la sensibilité de ce dossier pour Alger, Stéphane Romatet a soutenu que la coopération dans ce domaine doit impérativement reprendre.
«Dans le domaine de la justice, il y a effectivement ce sujet des biens mal acquis. Il y a eu de fortes demandes de la part de l’Algérie au cours des années précédentes, la crise a conduit à la suspension de ces coopérations judiciaires, elles doivent impérativement reprendre, a-t-il dit.
Et d’ajouter : «Ça a été le sens de la visite de notre ministre de la Justice à Alger à la mi-mai, ça a été aussi le sens de la visite en France d’une délégation de hauts magistrats algériens qui s’est rendue à Paris il y a juste un mois et qui a permis effectivement de reprendre les contacts, en particulier sur ces dossiers très sensibles sur lesquels l’Algérie nous demande des résultats, que sont les dossiers des biens mal acquis».
Alger attend en effet des résultats et Paris est devant un véritable test de sincérité.
Fateh H.
Relations entre l’Algérie et la France: Stéphane Romatet fait le point
