L’Algérie a commémoré hier samedi le 68e anniversaire de la création du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). L’occasion de rappeler que le pays entend rester un état pivot, fidèle aux constantes politiques et diplomatiques énoncées dans la proclamation de 1958, forgées par les sacrifices de la génération de la Révolution de libération.
Cette fidélité se lit dans l’attachement à la souveraineté nationale et à l’indépendance de la décision, dans le refus de toute polarisation régionale ou internationale, et dans la défense constante du droit des peuples à l’autodétermination, au service de la paix et de la coopération entre les nations.
Le président Abdelmadjid Tebboune, ne manque pas une occasion de rappeler cette doctrine, qu’il érige en socle de la diplomatie algérienne, en s’appuyant sur les valeurs de la Déclaration du 1er Novembre 1954 et du Congrès de la Soummam de 1956.
Selon les autorités, cette ligne a permis à la diplomatie du pays de retrouver son efficacité et de peser dans les enceintes internationales, notamment durant son mandat de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle joue aussi un rôle de premier plan dans la défense des intérêts du continent africain et dans le développement des relations avec le voisinage régional, malgré les tentatives d’entrave attribuées à des parties animées d’idées expansionnistes que le peuple algérien a déjà rejetées.
Sur le plan historique, la naissance du GPRA répondait à une situation précise. Quatre ans après le déclenchement de la Révolution, le colonialisme français cherchait à couper la cause algérienne de sa profondeur arabe et internationale et à étouffer la voix du peuple. Créer un gouvernement provisoire revenait à offrir à la Révolution une couverture juridique et institutionnelle, et à déplacer une partie de la bataille du terrain militaire vers la scène diplomatique.
La décision avait été prise par le Conseil national de la Révolution algérienne lors de sa réunion du Caire, du 20 au 27 août 1957, avant d’être annoncée officiellement le 19 septembre 1958, au même moment depuis trois capitales arabes.
Dans la proclamation lue par Ferhat Abbas, le GPRA affirmait parler au nom d’un peuple qui se battait depuis quatre ans et restaurer l’état algérien, que la conquête militaire de 1830 avait brutalement effacé de la carte politique de l’Afrique du Nord. Il exprimait aussi son aspiration à bâtir un état moderne fondé sur les principes démocratiques et la justice sociale, en nouant des liens de fraternité avec tous les peuples épris de paix et de liberté.
Entre 1958 et 1962, le GPRA a connu trois compositions, sous la présidence de Ferhat Abbas puis de Benyoucef Benkhedda. Reconnu par plus de 30 états arabes, africains, asiatiques et américains, il a fait entendre la voix de la Révolution dans de nombreuses conférences internationales et conclu des dizaines d’accords et de traités. Sa première initiative diplomatique fut de dénoncer devant l’ONU, dès le 20 septembre 1958, le référendum voulu par le général de Gaulle.
Il s’est finalement imposé comme le représentant légitime du peuple algérien lors des négociations d’évian, qui ont conduit aux accords de mars 1962, à la reconnaissance du droit à l’autodétermination, puis à l’indépendance et au recouvrement de la souveraineté nationale.
F. B.
68e anniversaire du GPRA : L’Algérie réaffirme sa fidélité à l’esprit du 19 septembre 1958
