Bruno Retailleau mène la relation entre l’Algérie et la France droit dans le mur. Le haineux ministre français de l’Intérieur dans le gouvernement d’Emmanuel Macron, profitant de la faiblesse de ce dernier, se replace aux devant de la scène pour, une nouvelle fois, dicter à Paris, sa conduite dans ses rapports avec Alger. Ainsi, le chef du parti de droite nostalgique au rêve de ‘’l’Algérie française’’ enterré pourtant avec l’indépendance de l’Algérie en 1962, passe à la manœuvre. Des médias français ont rapporté, hier, que Retailleau « a pris une série de mesures visant de hauts responsables algériens». Concrètement, selon l’entourage du ministre qui fait du dossier Algérie une carte politique pour parvenir aux portes de l’Elysée en 2027, une quarantaine de hauts responsables algériens «ne bénéficieront plus des facilités diplomatiques », pour «s’établir, circuler ou se faire soigner en France ».
Rien que ça ! Les « mesures » du haineux ministre interviennent après une autre provocation à laquelle Alger n’a pas manqué de répondre lundi dernier, quant il déclarait dans un entretien au quotidien Le Figaro, son intention de demander aux préfectures de «ne pas tenir compte des passeports délivrés par les consulats algériens aux ressortissants algériens, aux fins d’obtention de titres de séjours ». Une démarche qui « relève clairement de l’arbitraire, de la discrimination et de l’abus de pouvoir, en ce qu’elle s’inscrit en opposition frontale à la législation française elle-même », avait estimé une source du ministère des Affaires étrangères, précisant que «l’octroi de ces passeports est un droit pour les citoyens algériens et une obligation de l’Etat algérien souverain » et dont la « reconnaissance s’impose à l’Etat français ». Déjà remis à l’ordre par le président français Emmanuel Macron, lorsqu’il appelait à la dénonciation des Accords de 1968 sur l’immigration, Bruno Retailleau semble profiter du blocage entre les relations bilatérales, pour relancer sa fameuse ‘’riposte graduée’’. Au moment où le chef de l’Etat français et son chef de la diplomatie prônent la prudence avec Alger, le locataire de place Beauvau pousse au pourrissement et à la rupture. Son silence durant les dernières semaines n’était pas en vrai pour « ne pas gâcher les chances » de son ami l’écrivain Boualem Sansal à une grâce, comme il le prétendait. Le sort de ce denier lui importe peu, au regard des enjeux politiques de l’utilisation de la carte Algérie pour rester aux devant de la scène et mobiliser l’électorat de l’extrême droite pour sa future candidature à la présidentielle. Voilà ce qui fait courir Retailleau.
Il va sans dire que si les ‘’mesures’’ en question venaient à être confirmées, l’Algérie ne tardera pas à répondre à ce ministre qui empoisonne les relations bilatérales. Toutefois, il est de la responsabilité d’Emmanuel Macron de le replacer dans son simple espace de gestion du ministère de l’Intérieur, dans l’intérêt des deux pays. Sinon, la souveraineté de l’Algérie qui répète à maintes fois que sa survie ne dépend et ne dépendra pas de Paris, ne peut en aucun cas faire l’objet de marchandage.
Farid B.

