Éthiopie : les tensions ravivent le spectre de la guerre

L’ONU a appelé hier lundi à une désescalade urgente dans le nord de l’Éthiopie, alors que la dégradation de la situation sécuritaire perturbe l’aide humanitaire et fait craindre une aggravation du conflit.
Après six mois de tensions croissantes entre le gouvernement d’Addis-Abeba et le Front populaire de libération du Tigré (FPLF), des combats ont éclaté ces derniers jours entre les forces fédérales et les groupes armés rebelles dans la partie septentrionale du Tigré, qui jouxte l’Érythrée. Les affrontements se sont propagés rapidement aux régions voisines. Les deux camps s’accusent mutuellement d’être à l’origine de la violation de l’accord de Pretoria, conclu sous l’égide de l’Union africaine en novembre 2022. La guerre du Tigré a coûté la vie à 600 000 personnes entre 2020 et 2022.

Ancien allié décisif d’Addis-Abeba contre le Front Populaire de Libération du Tigré (FPLF), l’Érythrée adopte désormais une attitude hostile à l’égard de l’Éthiopie. Cette guerre oubliée et pour autant totalement dévastatrice pour des populations démunies et marginalisées. Du côté d’Addis Abeba devant le parlement en février dernier, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a reconnu, pour la première fois, que des crimes de masse, dont le massacre d’Axoum, avaient été commis au Tigré durant la guerre de 2020 à 2022. C’est une victoire d’étape pour les victimes, mais en imputant l’intégralité des atrocités aux troupes érythréennes, le dirigeant éthiopien cherchait à se dédouaner de toute responsabilité et pavait la route à une reprise du conflit contre son voisin.

M. M.