L’Algérie dispose d’un potentiel considérable pour bâtir une économie circulaire solide et durable, portée à la fois par l’engouement croissant des jeunes pour l’entrepreneuriat vert, les facilités accordées à la création de start-up et de micro-entreprises, ainsi que par les initiatives convergentes des ministères du Commerce et de l’Environnement.
Chaque année, le pays génère plus de treize millions de tonnes de déchets solides urbains, dont moins de 10% seulement sont valorisés, laissant inexploité un gisement estimé à plusieurs centaines de milliers de tonnes de plastique et de papier-carton.
Pour le professeur Nadjib Drouiche, directeur de recherche au Centre de recherche en technologie des semi-conducteurs pour l’énergétique (CRTSE), cette situation constitue moins un handicap qu’une opportunité stratégique majeure.
Ces volumes de déchets pourraient alimenter durablement des unités locales de tri, de broyage, de granulation et de recyclage mécanique, mais aussi des procédés plus avancés de recyclage chimique, capables de produire des matières premières secondaires répondant aux standards industriels.
Ces ressources recyclées pourraient irriguer plusieurs secteurs clés, notamment la fabrication d’emballages, la production de fibres textiles, le bâtiment et les travaux publics, ou encore la logistique industrielle, tout en réduisant significativement la facture d’importation.
Le développement de cette économie circulaire repose, selon les experts, sur trois piliers fondamentaux.
Le premier est la réduction des déchets à la source, à travers une meilleure conception des produits et l’optimisation des procédés industriels.
Le second concerne la substitution, en favorisant l’utilisation de matériaux recyclés ou alternatifs performants lorsque les usages le permettent.
Le troisième pilier, essentiel, reste la structuration de filières de recyclage efficaces, qu’elles soient centralisées, régionales ou hybrides, adaptées aux réalités territoriales du pays.
L’expérience européenne, notamment dans les filières automobile et électronique, démontre l’importance des partenariats public-privé pour assurer la collecte, le prétraitement et la valorisation des déchets complexes, tels que les batteries, les équipements électroniques ou les pièces industrielles.
Pour l’Algérie, la mise en place d’un marché régulé des matières premières secondaires, reposant sur la certification de la qualité, la traçabilité et des normes claires, constituerait un facteur clé pour encourager les industriels à intégrer davantage de matériaux recyclés dans leurs chaînes de production.
R. M.
Recyclage des déchets urbains: Vers une économie circulaire ambitieuse

