Rachid Boudjedra : «Les écrivains stipendiés du colonialisme sont voués à disparaître»

Dans un entretien accordé à la Télévision algérienne à l’occasion de la réédition de son ouvrage Les Contrebandiers de l’Histoire, le moudjahid et romancier Rachid Boudjedra a livré une critique virulente contre les écrivains qu’il accuse de glorifier le colonialisme et de falsifier l’histoire nationale. Qualifiant ces auteurs d’« idéologues » et d’« opportunistes », il les considère comme un « phénomène conjoncturel voué à disparaître », appelant les intellectuels algériens à leur livrer une « guerre de plume » pour défendre la mémoire collective et la dignité nationale.Publié par Dar El Hikma,
Les Contrebandiers de l’Histoire se présente comme une réponse directe et argumentée aux discours néocoloniaux véhiculés par certains écrivains franco-algériens, notamment Boualem Sansal et Kamel Daoud. Boudjedra les accuse de souffrir du « complexe du colonisateur », tel que défini par Frantz Fanon, et de s’aligner sur des logiques de domination culturelle, en rupture totale avec l’esprit algérien. Il les décrit comme des figures aliénées, instrumentalisées par des cercles nostalgiques du colonialisme, notamment l’extrême droite française et certains lobbies sionistes.L’auteur dénonce une entreprise méthodique de falsification de l’histoire algérienne, menée selon lui pour des intérêts personnels et idéologiques. Il fustige les tentatives de réhabilitation du colonialisme à travers une littérature biaisée, qui méprise les luttes du peuple algérien et ignore sa culture et sa géographie. Pour Boudjedra, cette littérature néocoloniale rêve d’un retour à une domination intellectuelle et politique, en usurpant les récits historiques et en travestissant les faits.Face à cette offensive culturelle, l’écrivain appelle à une mobilisation des élites intellectuelles algériennes pour défendre la vérité historique et contrer les discours manipulateurs. Il insiste sur la nécessité de revoir en profondeur l’enseignement de l’histoire et de la mémoire nationale dans les écoles et les universités, afin de renforcer la conscience patriotique et de préserver l’identité algérienne.À travers Les Contrebandiers de l’Histoire, Rachid Boudjedra engage une bataille littéraire et idéologique pour rétablir la vérité et dénoncer les dérives d’une certaine intelligentsia francophone. Son ouvrage, publié en arabe et en français, se veut un brûlot contre les récits sélectifs de l’Occident et une affirmation de la souveraineté narrative de l’Algérie .
Amina.S