Le projet de résolution américain sur le Sahara occidental peine à faire l’unanimité au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Le texte proposé par Washington, soutenu par la France et la grande Bretagne, trois membres permanents du conseil de sécurité, est en contradiction avec toutes les précédentes résolutions, en ce sens qu’il prône le plan d’autonomie marocain comme seule solution à ce conflit qui dure depuis 50 ans. Le Front Polisario a dénoncé une dérive historique en plaidant pour un dialogue direct avec l’occupant marocain afin de trouver une solution idoine, basée sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Au sein du Conseil de sécurité, des divisions profondes marquent les discussions autour du projet américain. La Russie, membre permanent du Conseil, et l’Algérie, membre non permanent, contestent un texte qui remet en cause le droit international.
Les informations répercutées par certains médias indiquent que la Russie a exprimé son rejet catégorique du texte américain, l’accusant ouvertement de «déformer les faits historiques et régionaux».
Un message clair de la volonté de Moscou de recourir au droit de veto pour bloquer le projet.
Cette offensive diplomatique algéro-russe pourrait mettre en échec la tentative de passage en force de Washington. Elle intervient dans un contexte décisif pour la question sahraouie et au moment où les appels à la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU se font entendre.
Il y a quelques jours, le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations Unies, Amar Bendjama a affirmé que le traitement de la crise de confiance actuelle dans le système multilatéral implique des réformes urgentes et globales du Conseil de sécurité.
Il a expliqué que le Conseil doit être réformé au niveau de sa composition et de ses méthodes de travail, appelant à «réparer l’injustice historique infligée à l’Afrique, conformément au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte». L’Afrique est le seul continent qui est privé de siège permanent avec droit de veto au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. L’UA réclame deux sièges permanents au sein du Conseil de sécurité et veut augmenter sa représentativité dans la catégorie des sièges non permanents, de trois à cinq sièges .
Fateh H.
Projet de résolution US surle Sahara occidental: Offensive diplomatique algéro-russe au Conseil de sécurité

