Préoccupé après les frappes américaines contre l’Iran: Alger plaide le retour à «l’approche politique pacifique»

L’escalade dans la guerre menée par Israël contre l’Iran, après l’entrée en scène des Etats Unis d’Amérique dans la nuit de samedi à vendredi, inquiète l’Algérie qui appelle au retour à la table des négociations et à faire valoir l’approche politique pour le règlement des problèmes posés dans la région.
«Alors qu’il existe un consensus international sur la recherche de moyens de réduire les tensions dans la région, l’agression israélienne contre la République islamique d’Iran la nuit dernière a donné lieu à des développements extrêmement dangereux qui ont encore exacerbé l’escalade par le bombardement américain des installations nucléaires iraniennes», a déclaré, hier, le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, exprimant la «profonde préoccupation» et le « profond regret » de l’Algérie «face à cette escalade qui exacerbe la situation dans la région et l’expose à des risques sans précédents et imprévisibles ».
Les craintes de l’Algérie sont d’autant plus justifiées au regard des déclarations qui ont suivi les frappes américaines sur trois sites nucléaires iraniens, à savoir Ispahan, Natanz et Fordo. Affirmant que son pays allait de se défendre «par tous les moyens nécessaires», le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a déclaré que les Etats-Unis qui « ont montré qu’ils ne comprennent que le langage de la menace et de la force », « ont trahi la diplomatie (et) les négociations ».
Des propos qui trouvent pareil ton du côté américain, puisque Donald Trump a mis en garde, sur Truth Social, l’Iran contre toutes « représailles » envers les Etats-Unis qui répondront « avec une force bien plus grande que ce qui a été observé », a-t-il promis.
Fidèle à sa doctrine de règlement des conflits par le dialogue, l’Algérie rappelle que le consensus international « a souligné et continue de souligner la nécessité d’un cessez-le-feu, d’un retour à la table des négociations et d’une recherche sincère et de bonne foi d’une solution pacifique au dossier nucléaire iranien ». Pour Alger, «la sensibilité et la gravité de la situation imposent à tous de se référer aux leçons de l’histoire de la région, qui prouve indubitablement que les voies militaires n’ont jamais résolu aucune
des questions qui affectent la région ».
Et par conséquent, «la première des priorités est de revenir à l’approche la plus sûre, la plus efficace
et la moins coûteuse, à savoir l’approche politique pacifique fondée sur les dispositions et les règles de la légitimité internationale et de la Charte des Nations unies, qui épargnerait à la région de nouvelles tensions et tragédies », suggère le département algérien de la diplomatie.
Au lendemain des attaques israéliennes contre l’Iran, le 13 juin dernier, l’Algérie a dénoncé « une agression flagrante » qui « n’aurait jamais eu lieu, sans l’impunité et la non-reddition de comptes
dont jouit l’agresseur ». Tout en mettant en garde contre «les risques de céder à l’arrogance et à la tyrannie » de l’occupation israélienne, Alger avait appelé la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité des Nations Unies, «à assumer pleinement ses responsabilités, en œuvrant à préserver la paix et la sécurité internationales, et à mettre fin aux politiques de l’occupation israélienne qui compromettent la sécurité et la stabilité de la région tout entière »
Farid B.