Le rapport récent de la Cour des comptes française sur les finances des retraites a servi de prétexte à l’extrême droite française pour relancer sa campagne de stigmatisation contre les pensionnés algériens. Aurélien Doutrepont, député du Rassemblement National, a saisi l’occasion pour exiger du gouvernement français des mesures discriminatoires, proposant même la suspension des pensions « suspectes » et le recours à la reconnaissance faciale biométrique.
Sous couvert de lutter contre des fraudes estimées entre 40 et 80 millions d’euros annuels – chiffres non vérifiés et fortement exagérés -, le discours politique français occulte volontairement les injustices historiques subies par les retraités algériens. Paris feint d’oublier qu’il a systématiquement spolié ces anciens travailleurs, notamment en réduisant arbitrairement les pensions des veuves résidant en Algérie par rapport à celles vivant en France, ou en privant des dizaines de milliers de moudjahidine ayant contribué à libérer la France du nazisme de leurs droits légitimes. Cette polémique sur les retraites versées en Algérie révèle une stratégie politique bien rodée. Face aux difficultés de son système de retraites, la France préfère désigner des coupables plutôt que de s’attaquer aux vrais problèmes. D’un côté, on exagère démesurément les cas de fraude présumés pour justifier des mesures sécuritaires disproportionnées comme la biométrie faciale. De l’autre, on passe sous silence les véritables causes du déficit : mauvaise gestion, réformes inadaptées et inégalités croissantes dans le système français lui-même. Cette campagne cible particulièrement les bénéficiaires algériens, alimentant ainsi un climat de suspicion généralisée. Pourtant, la France ferait mieux de s’attaquer aux réelles injustices : pensions discriminatoires pour les veuves algériennes, non-reconnaissance des anciens combattants, et méconnaissance de la dette historique envers ceux qui ont participé à l’effort de guerre et au développement économique français. Plutôt que de multiplier les contrôles humiliants, une approche juste et équitable s’impose : égalité de traitement pour tous les retraités, transparence dans la gestion des pensions, et reconnaissance des droits légitimes de ceux qui ont contribué à l’histoire commune. Cette polémique révèle une fois de plus le double standard de la France, prompte à exiger la transparence quand il s’agit des autres, mais réticente à appliquer ces mêmes principes à sa propre gestion contestable des droits des retraités algériens .
Farid B.

