Une vaste caravane humanitaire baptisée « Soumoud », mot arabe signifiant « résistance » ou « fermeté », a quitté Tunis ce lundi en direction de la bande de Ghaza, avec pour mission de briser le blocus israélien imposé à l’enclave palestinienne et de faire parvenir une aide humanitaire cruciale à sa population.
Cette initiative de grande envergure a rassemblé plus de 1 700 participants, unis par un même élan de solidarité envers le peuple palestinien meurtri par la guerre et l’isolement.Selon l’Agence Tunisienne de Presse (TAP), le départ a eu lieu devant le ministère du Tourisme, à Tunis, où des centaines de personnes se sont rassemblées dans une atmosphère empreinte de détermination et d’émotion.
Les membres de la caravane, arborant fièrement les drapeaux palestiniens, ont scandé des slogans dénonçant les crimes commis par l’entité sioniste depuis le 7 octobre 2023, date marquant le début d’une nouvelle escalade de violence dans la bande de Ghaza. Cette démonstration de solidarité populaire visait à envoyer un message clair au monde entier : la Tunisie se tient aux côtés du peuple palestinien.
Une mobilisation citoyenne et politique sans précédent
La caravane « Soumoud » a été mise en place par la Coordination de l’action commune pour la Palestine, une coalition de syndicats, d’associations civiles, de partis politiques et d’organisations non gouvernementales tunisiennes, déterminée à faire entendre la voix des peuples arabes et à renforcer la pression internationale sur les autorités israéliennes. Le porte-parole de la caravane, Wael Naouar, a souligné que cette mission ne se limite pas à l’acheminement de l’aide humanitaire.
Elle a également pour but de « transmettre un message fort à l’ensemble des peuples libres à travers le monde, les appelant à se mobiliser pour soutenir les droits légitimes du peuple palestinien, et à dénoncer les formes d’occupation, d’oppression et de génocide perpétrées en toute impunité ».
Il a également mis en avant l’ambition de cette caravane de créer des passerelles de coopération avec les ONG arabes et internationales, afin de renforcer les capacités de réponse humanitaire à la catastrophe en cours à Ghaza.
Un itinéraire solidaire et stratégique
Le convoi prévoit de traverser plusieurs régions et gouvernorats tunisiens, mobilisant à chaque étape la société civile locale et sensibilisant la population tunisienne à l’ampleur du drame humanitaire palestinien. Après avoir atteint le poste frontalier de Ras Jedir, à la frontière tuniso-libyenne, la caravane poursuivra son chemin à travers la Libye, en coordination avec des organisations humanitaires libyennes. La suite du parcours prévoit une traversée vers l’est libyen, jusqu’au terminal frontalier de Saloum, situé à la frontière égyptienne. Une fois sur le sol égyptien, les participants de la caravane comptent poursuivre leur route jusqu’au point de passage de Rafah, seule ouverture possible vers la bande de Ghaza, en coopération étroite avec des organisations humanitaires égyptiennes.
Plus qu’un convoi d’aide : un acte de résistance
Wael Naouar a insisté sur le fait que briser le blocus ne signifie pas seulement acheminer des vivres et des médicaments, mais aussi évacuer les blessés – dont de nombreux enfants – pour leur permettre d’accéder aux soins dont ils sont privés dans un territoire où les hôpitaux sont à l’agonie, ciblés, assiégés ou dépourvus de ressources. Cette évacuation médicale représente un impératif humanitaire urgent que la communauté internationale ne peut plus ignorer.
Une réponse à une crise humanitaire sans précédent
De son côté, Jaouaher Chamma, membre active de la coordination, a souligné que l’un des objectifs majeurs de la caravane est de contribuer à débloquer l’acheminement de l’aide humanitaire déjà entassée depuis des mois au poste de Rafah. Des tonnes de nourriture, de matériel médical et de produits de première nécessité y sont bloquées, faute d’un couloir humanitaire sécurisé et de volonté politique de la part des autorités israéliennes et de leurs alliés. À travers cette initiative, la Tunisie exprime non seulement son engagement solidaire envers Ghaza, mais rappelle aussi à la communauté internationale ses responsabilités face à ce qu’elle qualifie de nettoyage ethnique et de génocide à ciel ouvert. Cette caravane n’est pas seulement un convoi de véhicules chargés de vivres : c’est un acte politique, un cri de justice, et une résistance civile transnationale .
Farid B.

