Plus de 20 000 projets et 525 000 emplois à la clé: Le Premier ministre consacre la rupture avec l’ancien système d’investissement

Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a mis en avant, ce lundi à Alger, la dynamique de réforme globale engagée au sein de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), appelée à évoluer d’un simple guichet administratif vers une administration intégrée et restructurée.
Objectif : simplifier en profondeur le système d’investissement pour restaurer la confiance entre les investisseurs et l’État.
Lors de son allocution d’ouverture de la journée d’information sur les nouvelles dispositions juridiques encadrant le Guichet unique de l’investissement, M. Ghrieb a rappelé que, conformément aux instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, l’Agence doit devenir l’interlocuteur unique et pleinement opérationnel pour tout investisseur. Une réforme globale a donc été engagée pour transformer l’AAPI d’un guichet administratif classique en une administration intégrée, structurée autour des besoins réels des opérateurs et des exigences du terrain.
La restructuration de l’Agence et la révision récente des principaux textes sectoriels visent à «opérer une simplification globale du système d’investissement dans son ensemble, afin de mettre fin à la lenteur des procédures de traitement des demandes, à la dispersion des responsabilités et à la complexité des formalités administratives qui entravent la concrétisation des projets», a souligné le Premier ministre.
Ces réformes reflètent, selon M. Ghrieb, «une conviction profonde selon laquelle l’investissement ne peut prospérer que dans un environnement fondé sur la confiance mutuelle, des règles claires et la rapidité dans la prise de décision». Ce qui est en cours de mise en œuvre «n’est pas une simple amélioration mineure des procédures, mais une transformation profonde de la relation entre l’État et l’investisseur».
À ce titre, une qualification intégrale des représentants des administrations auprès des guichets uniques a été menée afin de leur permettre d’exercer pleinement leurs prérogatives. Ces agents ne sont plus de simples intermédiaires de leurs administrations centrales : ils sont devenus des décideurs à part entière, prenant en charge l’instruction des dossiers, habilités à traiter et signer les documents, et responsables directement des opérations qui leur sont confiées.
Leurs administrations d’origine sont tenues de leur permettre de délivrer l’ensemble des documents et autorisations nécessaires en un lieu unique, que ce soit au guichet central pour les grands projets et investissements étrangers, ou dans les guichets décentralisés.
L’Algérie a ainsi choisi «le changement concret», a ajouté M. Ghrieb, soulignant que la loi sur l’investissement a renforcé la protection juridique des investisseurs. L’étape franchie aujourd’hui vise à simplifier les procédures afin de bâtir un cadre d’investissement reposant sur deux piliers essentiels : la protection juridique et la simplification procédurale, pour faire de l’Algérie «une terre d’initiative, capable d’attirer les investissements et de libérer les énergies entrepreneuriales».
Le Premier ministre a également insisté sur l’importance d’adapter le cadre de l’investissement à un monde en mutation rapide, où la compétition économique repose désormais sur la qualité de l’environnement de l’investissement bien plus que sur les coûts ou la disponibilité des ressources.
Par ailleurs, la nouvelle réglementation impose une maîtrise stricte et obligatoire des délais de traitement des dossiers, la règle générale étant fixée à 25 jours, et à 20 jours pour les infrastructures classées.
«Cette orientation constitue un engagement réglementaire contraignant pour toutes les entreprises concernées», a martelé M. Ghrieb. Les procédures sont également simplifiées par la réduction du nombre de copies requises et le recours à la numérisation, la dématérialisation étant «la garantie d’amélioration de la traçabilité, de renforcement de la transparence et d’optimisation de l’efficacité de l’action administrative».

Plus de 20 000 projets enregistrés pour plus de 9 000 milliards de dinars
Le nombre de projets enregistrés auprès de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) a dépassé les 20 000, pour une valeur excédant 9 000 milliards de dinars, a indiqué ce lundi à Alger le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb. Il a précisé que «l’entrée en vigueur du nouveau système d’investissement a permis à l’AAPI d’enregistrer plus de 20 000 projets d’investissement, pour une valeur globale déclarée dépassant 9 000 milliards de dinars, avec une prévision de création de plus de 525 000 emplois». Il convient de rappeler que l’AAPI est entrée en activité en novembre 2022.
M. Ghrieb a ajouté que ces chiffres «ne sont pas de simples indicateurs statistiques, mais une preuve évidente du retour de la confiance».
Omar Rekkache (DG de l’AAPI) : «le ‘’Guichet unique numérique’’ en préparation»
Le Directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a annoncé, ce lundi à Alger, que ses services œuvrent au lancement du «Guichet unique numérique», dans le cadre d’une démarche visant à généraliser la numérisation des différentes procédures liées à l’acte d’investissement, afin de garantir aux investisseurs des procédures «claires, rapides et sécurisées».
M. Rekkache a précisé que l’Agence a «entamé la mise en œuvre d’un plan d’action» visant la numérisation de l’ensemble des procédures liées à l’investissement, avec «l’ambition visant le Guichet unique numérique», un projet en cours de concrétisation sous la supervision du Haut-commissariat à la numérisation. Ce Guichet unique numérique permettra de garantir des procédures plus claires et plus efficaces au profit des investisseurs.
Le DG de l’Agence a souligné que l’activation du guichet unique et l’octroi aux représentants des administrations de pleines prérogatives pour la délivrance des autorisations en un seul lieu traduisent concrètement «la volonté politique de réformer le climat d’investissement et d’éliminer la bureaucratie ainsi que les lourdeurs administratives». Il a indiqué que l’Agence poursuivra son action en coordination avec les différents acteurs de l’écosystème d’investissement et en concertation avec les organisations patronales, à leur tête le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), afin de mettre en œuvre les nouvelles dispositions relatives au guichet unique, pour faire de ce dernier «l’interlocuteur principal de l’investisseur» et l’espace où s’accomplissent les différentes formalités liées à l’acte d’investir.
Samira A.