La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nassima Arhab, a annoncé, hier lundi, lors de son passage à la Radio Nationale, une transformation profonde du secteur, fondée sur une approche territoriale, partenariale et résolument tournée vers l’avenir.
Ce nouveau modèle, qui s’articule autour de la création d’un réseau national de centres d’excellence et de l’implémentation du Référentiel national de la formation et des compétences, vise à faire de la
formation un levier stratégique de développement économique et d’insertion professionnelle.
Un réseau de centres d’excellence pour une formation en phase avec l’industrie
à en croire la ministre, le secteur s’est engagé dans la création d’un maillage stratégique de centres d’excellence spécialisés, conçus pour répondre aux besoins spécifiques des territoires et des filières industrielles prioritaires.
Dépassant le simple rôle d’infrastructures de formation, ces centres incarnent une nouvelle philosophie
éducative, où l’opérateur économique devient un partenaire à part entière. Il intervient directement dans l’actualisation des programmes et l’introduction de nouvelles spécialités, garantissant ainsi une formation
dynamique et réactive aux évolutions technologiques.
Cette logique de spécialisation territoriale est déjà visible : un centre dédié aux industries du textile et du cuir a été inauguré à Bouira, tandis qu’Oran abrite des pôles d’excellence dans la sidérurgie et les techniques mécaniques liées au montage automobile.
Ces centres constituent ainsi des interfaces privilégiées entre le monde éducatif et le tissu productif, promouvant une pédagogie ancrée dans la réalité des métiers.
Une carte des compétences pour une meilleure adéquation formation-emploi
L’un des pivots de cette refondation est, selon Arhab, le Référentiel
national de la formation et des compétences, dont le déploiement marquera la rentrée de février 2026.
Cet outil stratégique remplace l’ancien répertoire, jugé trop quantitatif, par une cartographie fine et évolutive des besoins en compétences, à l’échelle nationale et régionale.
Il permet d’orienter les formations vers les métiers porteurs, en phase avec les grands projets structurants – tels que les initiatives minières – et les spécificités économiques locales.
Grâce à ce référentiel, la mobilité des apprenants est facilitée : un jeune peut acquérir une base commune dans sa wilaya, puis se spécialiser dans un centre d’excellence situé dans une autre région.
Cette approche modulaire et souple répond à l’exigence d’une formation qualifiante, directement opérationnelle et en adéquation avec les mutations du marché du travail.
Une formation territorialisée, moteur de l’entrepreneuriat
La nouvelle politique sectorielle place l’ancrage territorial au cœur de sa stratégie. Les offres de formation sont désormais conçues en fonction des ressources, des projets et des besoins spécifiques de chaque région. Pour la ministre Arhab, cette logique permet non seulement de répondre aux demandes locales en main-d’œuvre qualifiée, mais aussi de stimuler l’entrepreneuriat en dotant les stagiaires d’une double
compétence : technique et managériale. Le secteur ne se limite plus à la délivrance d’un diplôme ; il assure un accompagnement continu, depuis le choix de la spécialité jusqu’à l’insertion professionnelle ou la création d’entreprise. En collaboration avec l’Agence nationale de l’emploi et les dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat, la formation professionnelle s’engage àgarantir la durabilité des parcours et la viabilité des projets entrepreneuriaux.
Adaptation aux projets structurants : l’exemple du secteur minier
«Face à la priorité nationale accordée à la diversification économique, notamment à travers la valorisation du potentiel minier, le secteur de la formation a su réagir avec agilité», affirme la ministre. «Une révision complète des contenus pédagogiques a été entreprise dans les instituts concernés, de Tindouf à Oran, en étroite coordination avec le ministère des Mines et les entreprises porteuses de projets.».
Près de dix programmes de formation ont ainsi été adaptés ou créés pour répondre aux métiers identifiés comme critiques, tant pour la réalisation que pour la maintenance des infrastructures minières. L’expertise accumulée dans des instituts spécialisés, tels que ceux de Tébessa et de Naâma, a été capitalisée pour construire un dispositif de formation résolument tourné vers l’avenir.
La rentrée de février 2026, placée sous le slogan «Vers une formation de qualité : les compétences du futur», symbolise l’ambition de rupture portée par le secteur. Il s’agit de passer d’une logique de programmes figés à une démarche compétences, proactive et qualitative. L’objectif est clair : former des profils immédiatement opérationnels, capables de s’adapter aux innovations technologiques et aux exigences d’un marché en constante évolution.
Samira A.

