Lors de la célébration de la Journée arabe du manuscrit arabe, le ministre de la Culture et des Arts, Zouhir Ballalou, a effectué une visite à la Bibliothèque nationale d’Algérie (BNA) pour constater l’avancement des travaux de restauration et de numérisation des manuscrits anciens. Accompagné d’experts, il a pu observer des pièces rares et suivre le processus de conservation appliqué à ces trésors historiques.
Le ministre a salué les progrès accomplis, révélant qu’un tiers des manuscrits a déjà été traité grâce à des technologies modernes et à l’expertise de spécialistes algériens. « La restauration et la numérisation de ces documents représentent une réalisation majeure dont nous pouvons être fiers », a-t-il déclaré, annonçant un ambitieux programme visant à préserver 30 000 manuscrits supplémentaires cette année. Cette initiative s’appuie sur une collaboration entre plusieurs institutions, dont le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs et le Centre national des archives. Ballalou a lancé un appel aux détenteurs privés de manuscrits pour qu’ils contribuent à cet effort national en confiant leurs documents à la BNA ou au Centre national des manuscrits d’Adrar. Il a rappelé les pertes subies pendant la période coloniale, où de nombreux manuscrits ont été exportés illégalement et se retrouvent aujourd’hui dans des collections étrangères ou sur le marché de l’art.
Parmi les succès récents, le ministre a cité l’inscription de deux précieux manuscrits au Registre Mémoire du monde de l’UNESCO : Al-Mustamlah min Kitab Al-Takmila d’Al-Dhahabi et Al-Qanun fi Al-Tibb d’Ibn Sina. La BNA conserve également un exemplaire rare du Coran datant du IIe siècle de l’Hégire, calligraphié sur peau de gazelle.
Parallèlement, l’Algérie poursuit ses démarches pour faire reconnaître d’autres éléments de son patrimoine, comme l’artisanat de la bijouterie kabyle et le zellige, actuellement en cours d’examen par l’UNESCO. Une douzaine de dossiers supplémentaires sont en préparation pour étoffer la liste indicative du pays. Cette politique volontariste, a souligné M. Ballalou, vise non seulement à protéger l’héritage culturel algérien, mais aussi à l’intégrer dans une dynamique de développement économique et social. La formation de jeunes restaurateurs à l’École nationale supérieure de conservation et de restauration des biens culturels (ENSCRBC) constitue un autre volet essentiel de cette stratégie à long terme.
R.C.

