La ville d’Oran s’apprête à vibrer au rythme du Raï, du 18 au 21 août, à l’occasion de la deuxième phase de la 14ᵉ édition du Festival culturel national de la chanson Raï. L’événement se tiendra au théâtre en plein air « Hasni Chekroun », en plein cœur de la ville, et promet quatre soirées musicales exceptionnelles, réunissant les grandes voix du genre et les talents émergents venus de tout le pays. Organisé sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts et du wali d’Oran, le festival revêt cette année une dimension historique et émotionnelle particulière : il célèbre les 40 ans du tout premier festival non officiel de la chanson Raï, organisé en 1985 à Oran. Une mémoire vivante que cette édition entend honorer avec éclat.
Après une première étape réussie à Sidi Bel-Abbès du 7 au 10 août, marquée par une forte affluence et la participation de 20 artistes, la deuxième phase du festival accueillera à Oran une nouvelle sélection de 20 chanteurs, parmi lesquels des figures emblématiques telles que Fadila, Cheba Zahouania, Houari Benchenet, ainsi que de jeunes voix qui feront leurs premiers pas sur cette scène prestigieuse.
La programmation artistique, pilotée par Fayçal Sahbi, s’ouvre également à des styles musicaux proches du Raï, dans une volonté d’élargir les horizons tout en restant fidèle à l’âme populaire et rebelle de ce genre musical. Des artistes issus de plusieurs wilayas du pays viendront enrichir cette mosaïque sonore, témoignant de la vitalité du Raï sur l’ensemble du territoire national.
En hommage à l’un des pionniers du festival, la soirée d’ouverture saluera la mémoire de feu Mohamed Bousmaha, ancien commissaire du festival, disparu en 2023, dont l’engagement artistique a marqué durablement la scène oranaise.
Au-delà des concerts, le festival se veut aussi un espace de réflexion et de transmission. Une conférence dédiée à la chanson Raï se tiendra le 19 août à la Maison de la culture « Zeddour Brahim El Kacem », animée par des chercheurs et spécialistes tels que Bouziane Benachour, Mohamed Kali, Saliha Senoussi, Rabah Sebaâ et d’autres académiciens engagés dans la valorisation de ce patrimoine musical, désormais reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel mondial.
Le Raï, né dans les ruelles d’Oran et porté par les voix du peuple, revient cette année avec force, mémoire et modernité. Le festival ne célèbre pas seulement une musique : il célèbre une identité, une résistance culturelle, et une passion qui traverse les générations .
Amina.S

