Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a évoqué de nombreuses questions politiques, sociales, économiques et internationales lors de sa dernière entrevue avec des représentants de la presse nationale. De l’épineuse question de la numérisation aux questions internationales, en passant par la situation économique, sociale et les questions politiques, le chef de l’état a répondu à toutes les questions qui lui sont posées. Il a exprimé sa confiance en le nouveau gouvernement, dirigé par Sifi Ghrieb, «un homme de terrain», selon le chef de l’état.
Il a soutenu que la majorité des ministres qui le composent «travaillent conformément à une feuille de route claire», ajoutant : «nous avons des engagements pour 2026 et 2027 et nous œuvrons à atteindre nos objectifs en chiffres, loin des slogans».
Tebboune a souligné que le Premier ministre «saura, grâce à son expérience de terrain, corriger la trajectoire de tout ministre qui s’écarte de la feuille de route», considérant que cette nomination permettra d’assurer «la complémentarité dans la programmation et la mise en œuvre des grandes décisions du pays». à propos de la nomination de Yacine El-Mahdi Oualid au poste de ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, il a estimé que «sa maîtrise de la modernisation lui permettra de transformer la situation dans ce secteur, représentant désormais une science en soi, utilisant les techniques modernes pour répondre aux besoins du pays et atteindre l’autosuffisance».
Pas d’élections anticipées
Au volet politique, le Président a abordé la révision de la loi électorale, le dialogue national, en écartant l’éventualité d’organiser des élections anticipées. Concernant le dialogue national, le chef de l’état a soutenu que son lancement est tributaire de la définition de ses modalités et formes d’organisation, afin de permettre à tous les acteurs de s’exprimer en vue de bâtir une République forte et démocratique sans désordre. «La consolidation de l’Algérie sur les plans sécuritaire et économique constitue le cœur même de l’action de l’état, tandis que la gestion des affaires politiques internes repose sur le débat des idées proposées», a-t-il souligné, ajoutant que cette gestion, à travers le dialogue escompté, pourrait «aboutir à d’autres projets politiques et c’est autour de cela que s’articulent les discussions». Le président de la République a relevé, dans ce sens, que cette approche «existe dans l’ensemble des pays et pas seulement en Algérie», soulignant que «certains privilégient une gestion directe, d’autres souhaitent évoluer vers un système parlementaire ou renforcer le système présidentiel, tandis que d’autres encore appellent à la création d’une instance consultative en dehors de la volonté populaire du Parlement».
Et de préciser dans ce contexte : «Ce sont là des opinions auxquelles je ne suis pas opposé, à condition qu’elles soient discutées dans le cadre d’un dialogue institutionnel ou populaire», évoquant, à cet égard, les expériences antérieures menées par l’Algérie en la matière.
Concernant la participation des partis politiques au dialogue national attendu, le président de la République a déclaré : «il faut d’abord évoquer la loi sur les partis, qui permettra de définir leurs obligations», ajoutant que le dialogue sera plus aisé si un grand nombre de partis y prenaient part, dans l’objectif de «connaître l’avis de la majorité».
Il a exprimé, à ce propos, son regret quant au retard enregistré dans l’examen de la loi sur les partis au niveau du Parlement, relevant que ce texte «n’a été discuté que par deux ou trois partis seulement». Interrogé sur la situation de la libérté d’expression des partis politiques dans l’espace médiatique, le président de la République a affirmé que «les portes leur sont ouvertes, sans qu’aucune partie ne s’impose sur l’autre, à condition de s’en tenir au respect mutuel, loin de toute forme d’insulte ou de diffamation».
Concernant la loi électorale, Abdelmadjid Tebboune a annoncé sa révision «dans certains de ses aspects techniques», ainsi que des réajustements dans les missions de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Il a précisé que le travail est en cours pour la «révision de la loi électorale actuelle, dans certaines de ses dispositions techniques, sans toucher à ses clauses fondamentales qui répriment et sanctionnent la fraude ainsi que l’achat des consciences et des voix». «Je n’ai jamais accepté que l’argent dirige les institutions. Je ne l’aipas accepté en 2017, je ne l’accepte pas aujourd’hui et je ne l’accepterai pas à l’avenir. Quiconque s’adonne à l’achat des consciences, en paiera le prix», a déclaré le président de la République, ajoutant que cela devra offrir aux jeunes la possibilité d’accéder à des sièges à l’APN.
Il a annoncé, dans ce sens, que des propositions seront soumises dans les prochains jours portant sur
des réajustements des missions confiées à l’ANIE, afin qu’elle puisse se consacrer pleinement à sa mission principale, à savoir garantir la transparence et la régularité du processus électoral.
La préparation matérielle des élections sera, quant à elle, à nouveau confiée au ministère de l’Intérieur.
Il a annoncé que les prochaines élections législatives et locales seront organisées dans les délais prévus.
Les réserves de change à un niveau acceptable
Sur la situation économique du pays, le Président s’est montré optimiste. Il a affirmé que les réserves
de change de l’Algérie étaient actuellement «à un niveau acceptable», enregistrant récemment une amélioration relative et couvrant les importations du pays pour une durée de près d’une année et demie. «Les réserves de change sont en amélioration, en dépit du recul des cours du pétrole, couvrant ainsi les importations du pays pour une durée d’une année et cinq mois, voire une année et demie»,
a-t-il dit. Il a ajouté que les contrats conclus par les entreprises algériennes durant la Foire commerciale intra-africaine (IATF-2025 sont à même de renforcer les revenus du pays, notamment en ce qui concerne les contrats et accords relatifs à l’exportation hors hydrocarbures.
Dans le même sens, le Président a annoncé l’organisation, la semaine prochaine, d’une rencontre avec les opérateurs économiques nationaux ayant conclu des contrats commerciaux et d’investissement lors de la 4e édition l’IATF 2025. Il a précisé que cette rencontre vise à souligner la nécessité de passer immédiatement à l’exécution des contrats, afin de réaffirmer l’engagement de l’Algérie à œuvrer pour la promotion de l’intégration économique continentale.
S’agissant du franc succès de la 4e édition de l’IATF, il a loué les capacités organisationnelles du pays, estimant qu’il constituait une réponse aux sceptiques quant aux capacités de l’Algérie à accueillir de telles grandes manifestations. Il s’agit également, a-t-il ajouté, d’une réponse claire aux promoteurs de la thèse de «l’Algérie isolée», soulignant que cette manifestation, qualifiée de «la meilleure depuis la création de la foire», a démontré que l’Algérie est bel et bien «le cœur battant de l’Afrique, sur les plans économique et politique». à la question sur l’évaluation de la procédure relative à l’augmentation de l’allocation touristique à 750 euros, entrée en vigueur en juillet dernier, le président de la République a rappelé qu’à ce jour, près de 470 000 citoyens ont voyagé à l’étranger, alors que la valeur globale des allocations versées est estimée à 400 millions d’euros.
Vers de nouvelles augmentations de salaire
Lors de la même entrevue, le premier magistrat du pays a annoncé que de nouvelles augmentations des salaires, de l’allocation chômage et des bourses des étudiants, seront appliquées à partir de 2026 et pourraient aussi toucher les pensions de retraite, en fonction des moyens de l’état. Il a affirmé à ce propos qu’il «demeure attaché aux engagements qu’il a pris envers le peuple algérien». «La distinction entre promesses et engagements est claire. Mes engagements sont consignés par écrit et seront appliqués», a-t-il soutenu.
à ce sujet, le président de la République a précisé: «J’avais pris l’engagement de procéder, à partir de 2026, à une révision des augmentations des salaires ainsi que de la bourse des étudiants et de l’allocation chômage, des revalorisations qui pourraient également inclure les pensions de retraite, en fonction des moyens de l’état», ajoutant que «l’objectif de toutes ces mesures est d’améliorer le pouvoir d’achat de nos concitoyens, une amélioration que les Algériens perçoivent déjà».
Le président de la République a souligné que la réalisation de cet objectif «s’inscrit dans le cadre du travail quotidien mené avec le Premier ministre et les membres du Gouvernement».
Il a affirmé que l’Algérie est sur la bonne voie, appelant à la solidarité et à la mobilisation contre les parties qui tentent de la cibler. «l’Algérie est sur la bonne voie, c’est pourquoi elle est ciblée par certaines parties qui redoutent l’autonomie qu’elle a réalisée et le rétablissement de ses rôles centraux au double plan régional et international», mettant en garde contre les voix qui s’emploient à répandre les rumeurs et à semer le doute parmi les citoyens.
à cet effet, le président de la République a appelé les Algériens à «la solidarité et à la mobilisation contre les parties qui souhaitent le mal au pays», notamment à travers «les tentatives de sabotage émanant
de l’intérieur».
Numérisation : les mises en gardes de Tebboune
Abordant le chapitre de la numérisation, le Président Tebboune a souligné la nécessité d’achever la généralisation de la numérisation d’ici la fin de l’année en cours, annonçant qu’il prendra des mesures radicales en cas de non-respect de ce délai.
«La numérisation doit être finalisée d’ici à la fin de l’année, sinon je prendrai des mesures radicales», a-t-il avertit. Il a qualifié ceux qui redoutent la numérisation de «chauves-souris qui aiment travailler dans l’ombre», soulignant que «celui qui agit avec intégrité n’a pas à craindre les chiffres».
Il a estimé que la généralisation de la numérisation est devenue «une nécessité incontournable», et que l’intégration de tous les secteurs «n’est plus une option» évoquant certains secteurs qui «ont préféré travailler dans l’opacité, retardant, délibérément, l’adoption de la numérisation».
Mettant en exergue l’importance de la numérisation, le président de République a cité en exemple le dossier du foncier et le paiement des taxes y afférentes.
«L’introduction de la numérisation chez les notaires vise à lutter contre l’argent sale», a-t-il expliqué, ajoutant qu’«il n’est pas équitable qu’un propriétaire d’un bien immobilier avec piscine soit imposé au même niveau qu’un citoyen possédant un logement modeste, en matière de taxe».
Le président de la République a réaffirmé, dans le même sillage, que «le travail se poursuit, avec détermination, pour combattre ces pratiques jusqu’au dernier souffle, de la même manière que nous avons combattu « la Issaba » et ses résidus».
Diplomatie : le satisfecit de Tebboune
Par ailleurs, le chef de l’état a salué la diplomatie algérienne et les performances réalisées, notamment au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, annonçant, à cette occasion, sa décision de décerner l’Ordre du Mérite national au représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, l’ambassadeur Amar Bendjama. Il a affirmé que la diplomatie algérienne «est sur la bonne voie», soulignant que «ce qu’elle a réalisé au sein du Conseil de sécurité honore l’Algérie».
Le président de la République s’est dit satisfait des réalisations de la diplomatie algérienne, en Afrique ou dans le monde, relevant qu’elle «a commencé à s’améliorer depuis l’arrivée de M. Ahmed Attaf, grâce à sa maîtrise des dossiers et à sa connaissance des personnes». Il a en outre ajouté qu’il s’employait personnellement à « définir les priorités par rapport à certains pays et aux orientations», soulignant que «la diplomatie algérienne a retrouvé son éclat».
Tebboune s’est exprimé, en outre, sur les relations internationales, en tête desquelles la question palestiniene. Il a affirmé que l’établissement d’un état palestinien sur les frontières de 1967 avec El-Qods pour capitale est inéluctable, soulignant que le soutien de l’Algérie à cette cause est fondé, dès le début, sur cette base. «Il n’existe pas de solutions à cette question autres que celle fondée sur l’établissement d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967 avec El-Qods echarif pour capitale et l’illusion du “Grand Israël” relève de l’absurde», a-t-il martelé.
Le président de la République a également évoqué les relations de l’Algérie avec son environnement régional, notamment avec la Mauritanie et la Tunisie, qu’il a qualifiées de solides, affirmant que l’Algérie poursuit ses efforts pour aider ses frères en Mauritanie, notamment à travers la reconstruction de certaines structures sanitaires et non sanitaires, au mieux des intérêts des deux peuples.
Les relations entre l’Algérie et la Tunisie, pays frère, sont «fortes et solides», a affirmé le président de la République, estimant que tout ce qui se dit sur ces relations n’est que «chahut».
à une question sur l’espoir de voir l’Afrique se débarrasser des conspirations et des ingérences étrangères, le président de la République a précisé que «les choses sont entre les mains des Africains eux-mêmes. Ils ont le choix soit de s’orienter vers le développement de leurs pays ou bien vers la guerre», estimant que «quiconque veut aider l’Afrique doit le faire en aidant ses enfants à trouver un emploi et par l’investissement et non pas par les armes destructrices», a-t-il martelé. Concernant l’agression sioniste récente contre le Qatar, le président de la République a réitéré sa condamnation de cet acte, le qualifiant d’«attaque contre la nation arabo-musulmane tout entière et de crime envers ce pays» .
Fateh H.

