Numérisation: L’Algérie aspire à devenir la Silicon Valley africaine

En Algérie, le processus de numérisation est en bonne voie, avec des avancées majeures dans le secteur de la digitalisation, malgré certains obstacles. C’est l’avis de Souhil Guessoum, président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC). Selon lui, l’arrivée du Data Cloud à Alger et à Blida, ainsi que la numérisation de secteurs clés comme l’État civil, ouvrent la voie pour que l’Algérie devienne la « Silicon Valley de l’Afrique », un objectif réalisable grâce aux moyens dont dispose le pays.Cependant, le manque d’interconnexion entre les différents secteurs et plateformes constitue un frein majeur. M. Guessoum souligne la nécessité de progresser rapidement dans trois phases : la création de
plateformes électroniques (bien avancée), l’interconnexion des secteurs et plateformes existantes (beaucoup reste à faire), et enfin l’analyse des données et l’investissement dans l’intelligence artificielle. L’annonce du guichet unique par le président Abdelmadjid Tebboune lors de sa rencontre avec les opérateurs économiques est perçue comme une étape importante pour faciliter la vie des investisseurs et améliorer le climat des affaires. Cela signifie que de nombreux secteurs sont interconnectés, un objectif crucial pour la numérisation.Cependant, des entraves bureaucratiques persistent, ralentissant les progrès dans certains secteurs en raison de résistances liées à la crainte de la digitalisation. M. Guessoum appelle à mettre fin à ces obstacles et à compléter le dispositif juridique et l’inclusion financière pour une véritable digitalisation intersectorielle.Bien que tous les secteurs soient numérisés, ils ne sont pas encore interconnectés, un problème d’interopérabilité qu’il faudra résoudre.
Le secteur bancaire, par exemple, bien que numérisé, manque encore de processus de digitalisation modernes, comme en témoigne le retard dans l’opérationnalisation du Switch mobile.L’apport de la numérisation au PIB algérien est passé de 1% il y a 4 ans à 4% actuellement, une courbe croissante mais encore loin de la moyenne mondiale de 15%. L’Algérie vise à devenir un hub numérique régional, le premier en Afrique et dans le bassin méditerranéen, un objectif réalisable grâce à ses moyens et à ses ressources humaines qualifiées.Pour y parvenir, M. Guessoum appelle à un « plan Marshall » pour aider les jeunes diplômés à s’intégrer dans l’économie numérique nationale et à ne pas quitter le pays. Il est également nécessaire de libérer l’acquisition de matériel informatique en termes de coûts et d’autorisations, un processus actuellement trop lourd et contraignant.Enfin, les startups représentent un gisement national à exploiter, en les encourageant, les accompagnant et en leur facilitant l’accès aux devises et aux manifestations internationales. Selon M. Guessoum, ces startups pourraient contribuer à hauteur de 2 milliards de dollars d’exportations à court terme si elles sont soutenues .
Farid B.

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