L’aéroport international Houari Boumediene d’Alger connaît une transformation profonde pour s’adapter à son nouveau statut de hub continental. Avec une fréquentation atteignant les 10 millions de passagers, l’infrastructure s’équipe pour répondre à un afflux croissant, notamment en ce mois de mai marqué par le lancement des vols vers les Lieux-Saints à l’occasion du Hadj 2025. L’EGSA a également mis en place une série de dispositifs pour améliorer l’accueil des pèlerins et de leurs accompagnateurs.
À l’intérieur et à l’extérieur de l’aérogare, des installations spécifiques ont été déployées : distributeurs de boissons, snacks, salles de prière et sanitaires, pour le confort des familles qui ne peuvent accéder à l’aéroport. Une attention particulière est portée à l’accueil humain, dans un contexte de forte affluence.
Une explosion du trafic passager depuis 2024
Depuis l’année dernière, l’augmentation du nombre de passagers est jugée « exponentielle » par le PDG de l’EGSA. Le Hadj ne constitue plus à lui seul le pic d’activité : la Omra, les vols réguliers, les vols charters, et l’essor du low-cost contribuent à alimenter un flux constant de voyageurs à travers l’aéroport.Le phénomène est amplifié par les familles algériennes vivant à l’étranger, qui multiplient les allers-retours, mais aussi par les touristes qui choisissent Alger comme destination ou comme point de transit vers le Sud algérien.À cela s’ajoutent les contraintes géopolitiques qui redessinent les routes aériennes : certains passagers européens passent par Alger à défaut de pouvoir transiter via des pays africains concernés par des restrictions de survol. De même, de nombreux passagers asiatiques empruntent la plateforme algéroise pour rejoindre l’Europe, contournant les espaces russes et ukrainiens.
Un défi logistique et une volonté d’attractivité
Face à cette transformation, Mokhtar Mediouni reconnaît que l’enjeu est de taille : « Nous devons être à la hauteur de ce flux de voyageurs venant de tous bords pour rendre Alger plus attractive ». L’objectif affiché est clair : faire de l’aéroport une vitrine de modernité et d’efficacité.Avec l’arrivée de la saison estivale, l’EGSA veut offrir un service optimisé à la diaspora, consciente de ses attentes croissantes. Cela passe notamment par l’amélioration du transport terrestre desservant l’aéroport :une navette ferroviaire déjà opérationnelle,une liaison métro prévue prochainement,des taxis aéroport identifiables grâce à un dossard spécifique,et des tarifs affichés à l’avance pour éviter les abus.En parallèle, des lignes de bus de l’ETUSA vers Blida, Tizi Ouzou et Boumerdès sont mises en place, profitant aux voyageurs comme aux employés. Le PDG de l’EGSA a également annoncé une réforme complète de la gestion des parkings de l’aéroport, autrefois confrontés à des pertes estimées à quatre milliards de centimes par mois, dues aux
vols, agressions et fraudes sur les tickets.
De nouveaux équipements de sécurité et un service continu ont été mis en place pour garantir une surveillance renforcée des espaces, sécuriser les usagers et améliorer la rentabilité.
Une dynamique durable et une vision à long terme
Les mutations en cours à l’aéroport international d’Alger témoignent d’une ambition nationale d’intégration régionale et de modernisation de l’infrastructure aérienne. L’EGSA vise un service public performant et attractif, capable de soutenir la dynamique touristique, économique et religieuse de l’Algérie. Avec une infrastructure en pleine transformation, Alger entend bien s’affirmer comme un carrefour incontournable entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie .
Farid.H.

