L’Algérie engage une transformation profonde de son secteur agricole. Lors de l’ouverture de la Conférence nationale sur la modernisation de l’agriculture, tenue ce lundi au Centre international des conférences (CIC) Abdelatif-Rahal à Alger, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Mehdi Oualid, a dévoilé une feuille de route ambitieuse pour les cinq prochaines années.
Objectif affiché : atteindre un rendement moyen de 40 quintaux de blé à l’hectare, grâce à la généralisation des semences améliorées et à l’adoption de pratiques culturales modernisées.
«Notre ambition est claire : garantir la sécurité alimentaire d’une Algérie de 65 millions d’habitants et faire du pays un exportateur de produits agricoles», a affirmé le ministre, soulignant que cette
stratégie s’inscrit dans une vision globale de transition agricole et agroalimentaire. Elle repose sur la valorisation des ressources naturelles, la professionnalisation du monde rural et l’intégration de la recherche scientifique comme levier de performance et de durabilité.
Au-delà des objectifs techniques, Yacine Mehdi Oualid a mis en avant la dimension humaine de cette réforme : «Nous voulons redonner à la terre sa véritable valeur, restaurer la dignité du fellah et garantir au citoyen algérien sa souveraineté alimentaire.»
Un message fort, qui replace l’agriculture au cœur du projet national. Dans cette dynamique, le ministre a procédé, aux côtés de son homologue de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, à l’installation du Conseil scientifique national de la sécurité alimentaire.
Présidé par Ammar Azioune, directeur du Centre national de recherche en biotechnologie de Constantine, ce conseil regroupe 34 chercheurs et enseignants spécialisés, ainsi que des représentants de plusieurs départements ministériels.
Il aura pour mission d’accompagner la modernisation du secteur agricole par la science, l’innovation et une planification rigoureuse. «Face aux effets du changement climatique, les méthodes traditionnelles ne suffisent plus. Il est impératif de mobiliser les savoirs et les innovations issus de nos universités», a déclaré M. Azioune, tout en ouvrant la porte à l’intégration de nouvelles compétences nationales dans ce dispositif.
La conférence prévoit plusieurs ateliers thématiques, portant sur l’intensification des filières stratégiques, la gestion durable des ressources hydriques, la mécanisation, l’agriculture intelligente, le financement, l’assurance agricole et la couverture sociale.
Les débats aborderont également la transformation numérique, la mise en place d’un système d’information agricole intégré, la clarification du foncier et la réforme de la gouvernance du secteur.
Ce tournant structurel, porté par une volonté politique affirmée, positionne l’agriculture comme un pilier central de la diversification économique du pays. Il marque le début d’une nouvelle ère où la terre, la science et l’innovation convergent pour bâtir une Algérie autosuffisante, résiliente et exportatrice .
Farid B.
Modernisation agricole: Cap sur une Algérie autosuffisante et exportatrice

