Mobilisés dans les déserts médicaux, mais sous-payés, exploités et non régularisés: En France, la colère des médecins étrangers

En France, dans ce pays chantre des droits de l’Homme, la haine des immigrés va jusqu’à s’appliquer sur une catégorie d’étrangers dont des milliers d’algériens qui font fonctionner tout un secteur qui de plus, est parmi les plus vitaux : la santé !
Lassés de leur situation précaire et de la maltraitance dont ils font objet dans leur statut, les médecins praticiens à diplômes hors Union européenne, qu’on appelle les Padhue, sont sortis, hier, dans les rues de la capitale, dans une marche qui a démarré de Matignon pour atteindre le siège du ministère de la Santé. Mot d’ordre : dénoncer une situation précaire qui dure et un concours visant leur régularisation qui laisse des milliers sur le bord du chemin. Indispensables au fonctionnement des hôpitaux en France, ces praticiens dont beaucoup d’algériens sont quatre à cinq fois moins payés que leurs collègues français qui, pourtant, fuient les déserts médicaux pour travailler dans les CHU. Pour être régularisés, ces médecins exerçant depuis des années en France et dont les contrats sont renouvelés tous les 6 mois, doivent passer le très sélectif concours des EVC (Épreuves de vérification des connaissances), et même après l’avoir réussi, ils devraient également effectuer un parcours de consolidation de deux ans. Hélas, nombre d’entre eux se retrouvent malgré tout exclus, à cause d’un jury qui choisit de ne pas attribuer l’ensemble des postes ouverts. « Des candidats qui ont eu 12, voire même 14 de moyenne sont recalés, dans certaines spécialités », s’indigne Kahina Hirech-Ziani, porte-parole de SOS Padhue. Il y a en tout 20% des postes ouverts aux EVC qui ne sont pas couverts, selon le syndicat qui dénonce l’argument du ministère de la Santé, selon lequel « le jury est souverain ». SOS Padhue réclament « des réformes concrètes » pour leur régularisation et que « cessent le mépris et l’instrumentalisation politique » de leur situation. Il s’agit d’une «injustice que subissent les Padhue qui sont bien pour travailler dans des déserts médicaux, mais pas assez bien pour être régularisés », avaient-ils dénoncé dans une lettre ouverte dernièrement à Emmanuel Macron. «Il est urgent d’en finir avec ces examens aux quotas discutables, qui ne font que perpétuer des injustices au détriment de la qualité des soins», avaient-ils écrit. Plusieurs centaines d’algériens sont touchés par cette discrimination. Dr Mehdi Smati, anesthésiste réanimateur en témoigne : «J’ai fais le même nombre d’années d’études en Algérie, qu’un médecin en France. Hélas on n’a pas la même reconnaissance. Le salaire d’un médecin étranger est de 1.300 à 1.500 euros, soit quatre à cinq fois moins payé qu’un médecin français ». Souvent, ils sont obligés à travailler durant les jours fériés et les weekends, en plus d’enchaîner les gardes, pour atteindre les deux bouts, dans une France qui continue de surexploiter ces élites pour couvrir ses déserts médicaux et éviter l’effondrement de son système de santé

Farid B.

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